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		<title>Ni blanc, ni noir, juste gris-10</title>
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		<pubDate>Sun, 29 Jan 2012 11:00:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator>merlin4ever</dc:creator>
				<category><![CDATA[Ni blanc, ni noir, juste gris]]></category>
		<category><![CDATA[alistair]]></category>
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		<category><![CDATA[yaoi]]></category>

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		<description><![CDATA[&#160; I Jean Chapitre 10 Jean se gara sur le trottoir sans trop faire attention à son créneau. Il était pressé, et encore, c&#8217;était un euphémisme pour dire qu&#8217;il était en retard. Pourtant il avait bien programmé son réveil, n&#8217;était pas particulièrement fatigué&#8230; Et cette fois-ci, il n&#8217;avait personne sur le dos duquel mettre ce [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=merlin4ever.wordpress.com&amp;blog=6697439&amp;post=1432&amp;subd=merlin4ever&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>&nbsp;</p>
<h1 style="text-align:center;"><strong>I</strong></h1>
<h1 style="text-align:center;"><strong>Jean</strong></h1>
<p style="text-align:center;"><strong>Chapitre 10</strong></p>
<p style="text-align:center;"><strong></strong><a href="http://merlin4ever.files.wordpress.com/2011/11/chap-10.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1433" title="chap 10" src="http://merlin4ever.files.wordpress.com/2011/11/chap-10.jpg?w=500&#038;h=375" alt="" width="500" height="375" /></a></p>
<p>Jean se gara sur le trottoir sans trop faire attention à son créneau. Il était pressé, et encore, c&#8217;était un euphémisme pour dire qu&#8217;il était en retard. Pourtant il avait bien programmé son réveil, n&#8217;était pas particulièrement fatigué&#8230; Et cette fois-ci, il n&#8217;avait personne sur le dos duquel mettre ce retard.</p>
<p>Et encore, s&#8217;il n&#8217;y avait eu que ça&#8230; Une fois réveillé, un quart d&#8217;heure après ce qu&#8217;il aurait du, les catastrophes s&#8217;étaient enchaînées. Il s&#8217;était brûlé avec son café, s&#8217;était rendu compte qu&#8217;il n&#8217;avait plus de shampoing et avait du en chercher, entièrement nu, dans le placard qui se trouvait au rez-de-chaussée, et pour finir il s&#8217;était entaillé la joue en se rasant. Bref c&#8217;est tendu qu&#8217;il pénétra dans le hall où quelques personnes faisant déjà la queue devant la machine à café le saluèrent.</p>
<p>Il leur sourit, s&#8217;efforçant de faire bonne figure avant de s&#8217;arrêter dans le couloir sombre menant à son bureau. Il ferma les yeux et souffla un bon coup pour évacuer toute la nervosité déjà accumulée en ce début de journée. Il secoua ensuite la tête et força son visage à se détendre avant de pousser la porte de son bureau et d&#8217;y entrer d&#8217;un pas décidé. Alistair était bien évidemment déjà au travail, le nez dans ses fiches de notes et l&#8217;ordinateur allumé. Plein de bonnes volontés, Jean lui lança un « salut » enjoué en même temps qu&#8217;il accrochait sa veste au porte-manteau. Le jeune homme marqua un temps d&#8217;arrêt et Jean le vit écarquiller les yeux avant de relever la tête vers lui, l&#8217;air étonné.</p>
<p>-Salut, répondit-il sur un ton un peu hésitant.</p>
<p>Jean lui adressa un petit sourire avant de s&#8217;asseoir derrière son bureau, et dut se forcer pour ne pas paraître trop content de lui. Sa première initiative de la journée était un succès. Il ne devait bien sûr pas se réjouir trop vite : dire bonjour n&#8217;engageait pas le jeune homme à grand chose. Mais on était loin des propos haineux échangés la semaine dernière.</p>
<p>Il continua de le regarder quelques instants, caché derrière son écran, bien arrangé de ne plus avoir à retenir son sourire satisfait. Quand, au bout de quelques secondes, Alistair leva la tête et croisa son regard, il s&#8217;empressa de se mettre au travail avec un air concerné.</p>
<p>Il constata rapidement qu&#8217;il n&#8217;avait pas grand chose à faire ce matin-là, et fut dépité de devoir trouver quoi faire pour ne pas passer plusieurs heures à observer son jeune collègue en se demandant ce qu&#8217;il pourrait bien lui dire quand ils se retrouveraient hors de ce bureau.</p>
<p>Chose inhabituelle, il appela donc son patron pour lui demander ce qu&#8217;il pourrait faire pour aider officiellement -pour s&#8217;occuper en réalité. Il regrettait parfois de ne pas travailler à domicile et d&#8217;être tout le temps surveillé. Pouvoir s&#8217;arrêter quand il le voulait, réfléchir librement à Alistair&#8230; Sentant ses pensées dériver, il se racla la gorge et cliqua au hasard pour donner l&#8217;impression d&#8217;être très occupé et concentré.</p>
<p>Il voulait qu&#8217;Alistair ait la meilleure image de lui possible. Le sérieux au travail en faisait partie, même s&#8217;il savait que c&#8217;était sur le plan des relations humaines qu&#8217;il avait le plus de progrès à faire, et de choses à prouver.</p>
<p>Le problème, c&#8217;est qu&#8217;il n&#8217;avait auparavant jamais eu d&#8217;efforts à faire, ni auprès de ses parents qui s&#8217;en foutaient royalement, ni de Florence qui était trop accrochée à lui pour que ça la fasse renoncer. Quant au boulot, c&#8217;était différent. Il savait très bien jouer la carte de l&#8217;amabilité hypocrite pour se faire bien voir.</p>
<p>Là, il devait être sincère, et c&#8217;était une autre paire de manches.</p>
<p>***</p>
<p>À midi, après avoir fait de son mieux pour travailler toute la matinée, Jean sentit que son estomac n&#8217;allait pas tarder à gronder. Ce matin, trop en retard, il ne s&#8217;était pas donné le temps d&#8217;avaler quoi que ce soit. Il regarda discrètement Alistair par-dessus son ordinateur, se demandant comment il pourrait faire pour l&#8217;approcher le temps du repas.</p>
<p>Il ne pouvait pas lui demander de manger avec lui ; c&#8217;était trop direct et il était sûr de recevoir un refus catégorique. Il lui fallait être plus subtil&#8230;</p>
<p>Il décida d&#8217;attendre encore un peu, ignorant les protestations de son ventre qui commençait à être cruellement vide. Quand il entendit la petite mélodie idiote signalant que l&#8217;ordinateur de son collègue était en train de se mettre en veille, il cessa lui-même toute activité mais resta assis sans bouger à son bureau, et ne jeta pas un regard à Alistair quand il se leva et quitta la pièce.</p>
<p>Mais dès que la porte se fut refermée, il quitta sa chaise d&#8217;un bond, prit sa veste et sortit dans le couloir le plus discrètement possible. Il aperçut Alistair une dizaine de mètres devant lui, marchant tranquillement en direction de la cantine. Visiblement, il ne l&#8217;avait pas entendu quitter leur bureau.</p>
<p>S&#8217;avançant sans faire de bruit, Jean se lança à sa suite. Il avait l&#8217;impression d&#8217;être en filature, c&#8217;était idiot. Miraculeusement, il parvint à ne pas se faire repérer. Du moins jusqu&#8217;au moment où Alistair pénétra dans la cantine et se dirigea vers les plateaux. Jean aurait bien voulu que quelqu&#8217;un passe juste derrière le jeune homme, fasse écran entre eut deux, histoire que sa tentative d&#8217;approche reste inaperçue quelques instants encore.</p>
<p>Mais, manque de chance, personne ne voulut se pointer à ce moment-là et il dut bien se résigner à se placer à côté d&#8217;Alistair. Celui-ci, le remarquant enfin, lui jeta un regard agacé comme on en lance au petit grain de sable qui vient coincer l&#8217;engrenage d&#8217;une belle journée et qu&#8217;on a pas du tout envie de voir.</p>
<p>Jean, déçu et contrarié par ces yeux, tourna la tête pour ne plus les voir et fit mine de s&#8217;intéresser à la préparation de son plateau, comme s&#8217;il avait trop de choix pour pouvoir se décider.</p>
<p>Lorsqu&#8217;Alistair s&#8217;éloigna à pas vifs, il ne put cependant s&#8217;empêcher de le suivre du regard, pour voir à quelle table il allait s&#8217;installer, et dans l&#8217;espoir évident de le suivre. La déception s&#8217;abattit sur lui comme un poids en béton quand il le vit prendre la dernière place à une table remplie par le service comptabilité. Jean s&#8217;arrêta, son plateau à la main, au milieu de la salle et sans pouvoir détacher son regard amer d&#8217;Alistair. Au bout de quelques secondes, ce dernier se retourna vers lui et l&#8217;expression froide de son visage fit pousser à Jean un soupir résigné. La mine boudeuse, il se décida à bouger et se dirigea vers une table complètement vide, tout en signifiant à Alistair d&#8217;un signe de tête qu&#8217;il avait compris le message.</p>
<p>Malgré tout, il ne comptait pas laisser tomber ses bonnes résolutions si tôt. Il posa violemment son plateau sur la table et s&#8217;assit en se laissant tomber sur la chaise. Il contempla son assiette d&#8217;un air las et saisit mollement sa fourchette, avant de se mettre à manger, sans conviction. Personne ne vint le rejoindre pendant toute la durée du repas, ce qui lui laissa le temps de réfléchir à son attitude de l&#8217;après-midi. Vue la fuite d&#8217;Alistair quelques minutes auparavant, il n&#8217;avait pas intérêt à se montrer trop pressant, au risque de lui faire peur. Le problème, c&#8217;est qu&#8217;il n&#8217;avait pas la subtilité nécessaire pour choisir entre l&#8217;attaque frontale et l&#8217;attente.</p>
<p>Sans s&#8217;en rendre compte, il resta une bonne demi-heure après avoir fini de manger, les yeux dans le vogue, à taper machinalement du bout des doigts sur la table. Quand il s&#8217;en aperçut, il poussa un grognement, énervé d&#8217;avoir perdu le contrôle de ses nerfs. Même si, au fond de lui, la satisfaction de les sentir à nouveau le titiller était intacte.</p>
<p>Il se leva un peu brusquement et marcha d&#8217;un pas rapide vers son bureau, où il retrouva Alistair qui devait s&#8217;être remis au travail depuis un moment déjà.</p>
<p>En pénétrant dans la pièce, Jean eut l&#8217;impression de retrouver toute la frustration qu&#8217;il avait tenté d&#8217;évacuer pendant la pause repas, lorsqu&#8217;il se heurta à la tête baissée d&#8217;Alistair, qui refusait ostensiblement de croiser son regard.</p>
<p>Plissant les yeux de colère, Jean alla s&#8217;asseoir en s&#8217;interrogeant sur la raison de ce comportement alors que le matin-même il lui avait dit bonjour sans trop de dégoût. Il décida de remettre la question à plus tard pour ne pas s&#8217;énerver tout l&#8217;après-midi et être incapable de parler au jeune homme une fois le soir venu.</p>
<p>***</p>
<p>Cela faisait déjà plusieurs minutes que Jean ne faisait plus rien d&#8217;autre que regarder l&#8217;horloge de son ordinateur quand enfin il perçut du mouvement en face de lui. Il se contenta de lever discrètement les yeux et resta immobile le temps de voir ce qu&#8217;il se passait.</p>
<p>Alistair s&#8217;étira sur sa chaise puis commença à ranger son bureau, prenant son temps et s&#8217;arrêtant toutes les trente secondes pour regarder en l&#8217;air ou par la fenêtre. Jean eut, l&#8217;espace d&#8217;un instant, l&#8217;impression qu&#8217;il se foutait de lui. Il fronça les sourcils, agacé d&#8217;être pris pour un imbécile. Quand son jeune collègue se leva, ramassant son sac, il serra les dents et tenta de trouver une idée civilisée, calme et réfléchie, qui ne le ferait pas passer pour un sauvage. Mais lorsqu&#8217;il vit Alistair se rapprocher de la porte et lever la main vers la poignée, il perdit en une seconde tout contrôle de lui-même et bondit sur ses pieds.</p>
<p>-Alistair !</p>
<p>Le jeune homme sursauta légèrement mais ne se retourna pas, ouvrit la porte et continua son chemin sans lui adresser un regard. Jean saisit avec violence la porte qui se refermait derrière lui.</p>
<p>-Alistair !</p>
<p>Sans savoir d&#8217;où lui venait cette brutalité, à lui que tout laissait indifférent auparavant, il se précipita vers le jeune homme et le saisit par le bras avant de le plaquer contre le mur.</p>
<p>Le fixant dans les yeux et sans même s&#8217;apercevoir des gens qui, dans le hall, s&#8217;étaient retournés pour observer d&#8217;un air curieux ce qu&#8217;il se passait, il commença à s&#8217;énerver :</p>
<p>-Je rêve ou tu m&#8217;évites ?, gronda-t-il en se rapprochant du visage d&#8217;Alistair.</p>
<p>Celui-ci se ferma complètement, sourcils froncés et mâchoires serrées. Pendant quelques secondes, Jean crut qu&#8217;il allait lui répondre, mais il se dégagea finalement de son emprise et s&#8217;éloigna en lui jetant le regard le plus méprisant qui soit.</p>
<p>Et Jean resta planté dans le couloir, les bras ballants, sous le regard intrigué de tous ses autres collègues. Furieux et vexé, il soupira et tourna les talons avant de claquer la porte de son bureau.</p>
<p>Il ne savait même pas quelle était son intention en agressant le jeune homme de la sorte, mais en tout cas c&#8217;était raté.</p>
<p>***</p>
<p>Une fois rentré chez lui, Jean trouva la maison bien vide et calme par rapport à l&#8217;altercation qu&#8217;il venait d&#8217;avoir avec Alistair. N&#8217;ayant pas le courage de se faire à manger, il s&#8217;installa devant la télé et y resta un bon moment à ressasser sa colère sans parvenir à s&#8217;en débarrasser. Peu à peu il se calma, mais ne parvint pas non plus à cesser d&#8217;y penser. Autant Florence ne lui manquait que pour le côté pratique, autant il de savait pas ce qu&#8217;Alistair lui apportait pour que son absence l&#8217;affecte à ce point.</p>
<p>***</p>
<p>Quand il monta se coucher, une bonne heure plus tard, il n&#8217;avait toujours pas trouvé la réponse.</p>
<br />Classé dans:<a href='http://merlin4ever.wordpress.com/category/histoires-en-cours/ni-blanc-ni-noir-juste-gris-histoires-en-cours/'>Ni blanc, ni noir, juste gris</a>  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/merlin4ever.wordpress.com/1432/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/merlin4ever.wordpress.com/1432/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/merlin4ever.wordpress.com/1432/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/merlin4ever.wordpress.com/1432/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/merlin4ever.wordpress.com/1432/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/merlin4ever.wordpress.com/1432/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/merlin4ever.wordpress.com/1432/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/merlin4ever.wordpress.com/1432/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/merlin4ever.wordpress.com/1432/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/merlin4ever.wordpress.com/1432/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/merlin4ever.wordpress.com/1432/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/merlin4ever.wordpress.com/1432/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/merlin4ever.wordpress.com/1432/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/merlin4ever.wordpress.com/1432/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=merlin4ever.wordpress.com&amp;blog=6697439&amp;post=1432&amp;subd=merlin4ever&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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		<title>Chocolat, chantilly et autres sucreries 23</title>
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		<pubDate>Sun, 15 Jan 2012 09:00:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator>merlin4ever</dc:creator>
				<category><![CDATA[Chocolat, chantilly et autres sucreries]]></category>
		<category><![CDATA[Alix]]></category>
		<category><![CDATA[Damien]]></category>
		<category><![CDATA[vacances]]></category>

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		<description><![CDATA[Traînant les gros sacs de voyage hors de la voiture, Damien et Alix suaient à grosses gouttes sous le soleil impitoyable d’Août. Ils étaient revenus chez le jeune homme en plein après-midi après de longues heures de route. Damien, ayant obtenu son permis quelques mois plus tôt, avait conduit une partie du voyage et était [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=merlin4ever.wordpress.com&amp;blog=6697439&amp;post=1411&amp;subd=merlin4ever&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="aligncenter size-full wp-image-1413" title="ch23" src="http://merlin4ever.files.wordpress.com/2011/08/ch23.jpg?w=500" alt=""   /></p>
<p>Traînant les gros sacs de voyage hors de la voiture, Damien et Alix suaient à grosses gouttes sous le soleil impitoyable d’Août. Ils étaient revenus chez le jeune homme en plein après-midi après de longues heures de route. Damien, ayant obtenu son permis quelques mois plus tôt, avait conduit une partie du voyage et était exténué.</p>
<p>Ils revenaient d&#8217;une semaine de vacances au bord de la mer. Malgré les bouleversements du début de l&#8217;été, les parents de Damien avaient maintenu leurs vacances annuelles et ils avaient pris la route, espérant oublier tout ça mais surtout changer les idées d&#8217;Alix. Maintenant qu&#8217;ils étaient rentrés, Damien se demandait s&#8217;ils avaient réussi ou non.</p>
<p>Lorsqu&#8217;il le voyait ainsi, aidant ses parents comme s&#8217;ils avaient été les siens, il avait l&#8217;impression qu&#8217;en l&#8217;espace d&#8217;un mois son petit-ami s&#8217;était recréé une famille. Mais il savait bien que la plaie profonde causée par le rejet de ses parents et l&#8217;éloignement de s sœur n&#8217;était pas prête de se refermer. Il faudrait à Alix du temps, et de l&#8217;aide. Malheureusement Damien avait bien du mal à trouver comment il pourrait aider le jeune homme autrement qu&#8217;en se trouvant près de lui presque en permanence.</p>
<p>Ils montèrent le chemin menant jusqu&#8217;à la porte d&#8217;entrée, les sacs sur le dos. Devant eux, la mère de Damien avait ouvert la porte et rangeait déjà le reste de leurs provisions dans le frigo, tandis que son père faisait le tour du jardin pour voir l&#8217;étendue des dégâts causés par la chaleur.</p>
<p>Les deux adolescents déposèrent les sacs dans l&#8217;entrée et soupirèrent de concert, soulagés par la fraîcheur qui régnait à l&#8217;intérieur.</p>
<p>-Vous voulez boire quelque chose, les garçons ?, les interpella la mère se Damien qui se servait du jus de fruit.</p>
<p>Ils se consultèrent du regard puis Alix souffla :</p>
<p>-C&#8217;est pas de refus.</p>
<p>Ils se dirigèrent vers la cuisine et s&#8217;assirent autour de la table, acceptant avec plaisir que la maîtresse de maison leur serve à boire. Ils burent d&#8217;un trait leurs grands verres de sirop puis restèrent un moment silencieux, s&#8217;observant se remettre de leurs efforts sous la chaleur. Damien finit par sourire à son petit ami qui ne tarda pas à se lever pour venir se placer à côté de lui, appuyé contre le rebord de la table. Le plus vieux lui prit les mains puis, profitant que sa mère ait le dos tourné, le fit se pencher pour l&#8217;embrasser rapidement. Même si ses parents avaient semble-t-il accepté sans trop de difficultés sa relation avec le jeune homme, il n&#8217;arrivait toujours pas à montrer son amour à Alix quand ils étaient dans les parages. Mais vue la nature timide de ce dernier, il semblait évident que cela ne le dérangeait pas. Au contraire, tous deux auraient besoin de temps pour se faire à l&#8217;idée que leurs proches étaient au courant. Le passage de la clandestinité à une relation au grand jour avait été trop brutal pour qu&#8217;ils s&#8217;y soient déjà habitués.</p>
<p>Damien essayait parfois de s&#8217;imaginer ce qu&#8217;il se serait passé s&#8217;ils l&#8217;avaient annoncé eux-mêmes à leurs parents. Il ne pouvait s&#8217;empêcher de regretter ce qu&#8217;il s&#8217;était passé ce jour-là car il avait fini par se persuader que les parents d&#8217;Alix auraient réagi moins violemment s&#8217;ils l&#8217;avaient appris de façon moins crue. Malheureusement, il ne pouvait pas changer le cours des choses et devait se contenter du présent tel qu&#8217;il était.</p>
<p>Il poussa un soupir qui n&#8217;échappa pas à Alix et il dut se forcer à sourire pour ne pas éveiller les soupçons. Son petit-ami n&#8217;aurait pas supporté de le savoir tourmenté à son sujet. Mais même s&#8217;il l&#8217;avait su, il n&#8217;aurait pas du s&#8217;en sentir coupable car le coupable dans cette histoire, c&#8217;était Damien et son comportement. Il avait tout gâché&#8230;</p>
<p>Enfin, il faisait de son mieux pour se rattraper. Pour donner le change face à Alix qui devait commencer à comprendre que quelque chose de désagréable le préoccupait, il se leva, débarrassa leurs verres puis prit la main d&#8217;Alix et, sans lui laisser le temps de dire quoi que ce soit, l’entraîna à sa suite en direction de l&#8217;étage. Il adressa un signe de la main à sa mère qui finissait de déballer les sacs.</p>
<p>Alix ne dit rien pendant qu&#8217;ils étaient dans l&#8217;escalier mais Damien sentait qu&#8217;il aurait droit à une ou deux questions une fois dans sa chambre. Et ça ne rata pas. À peine eut-il refermé la porte qu&#8217;Alix l&#8217;interrogea :</p>
<p>-Ya quelque chose qui va pas ?</p>
<p>Préférant éluder la question, Damien lui adressa son plus beau sourire et fit non de la tête avant de s&#8217;asseoir sur sa chaise de bureau. Il fit signe à Alix d&#8217;approcher puis le fit tomber sur ses genoux. Le jeune homme sourit quand il passa un bras autour de sa taille.</p>
<p>-Ça t&#8217;a plu ces vacances ?, demanda le plus vieux pour faire oublier ses questions à Alix.</p>
<p>-Oui, répondit ce dernier en esquissant un sourire.</p>
<p>Cependant cette réponse laconique inquiéta Damien qui fronça les sourcils et ne tarda pas à mettre le doigt là où ça faisait mal.</p>
<p>-Ils te manquent, hein ?</p>
<p>Cette question n&#8217;incluait pas Salomé. Il lui semblait tellement évident qu&#8217;Alix souffrait de son absence qu&#8217;il n&#8217;avait plus besoin d&#8217;en parler pour savoir quand Alix pensait à elle. Non, aussi étrange que cela puisse paraître, elle concernait les parents du jeune homme. Damien avait à plusieurs reprises essayé de se mettre à sa place et il en avait conclu que même si ses parents l&#8217;avaient rejeté, il n&#8217;aurait pu se mettre à les détester. Il devait en être de même pour Alix, même si ce dernier devait déjà avoir quelques rancoeurs contre eux à cause de leur favoritisme/</p>
<p>après quelques secondes de silence, Alix commença à répondre sans même demander de qui Damien parlait, preuve qu&#8217;il avait visé juste.</p>
<p>-Ça m&#8217;est déjà arrivé d&#8217;être déçu par des gens que j&#8217;aimais&#8230; Dans ces cas-là, quand je me rendais compte de leur vraie nature, je me disais que c&#8217;était mieux comme ça, que je serais mieux sans eux&#8230;</p>
<p>Il s&#8217;arrêta un moment et Damien paniqua en voyant ses yeux s&#8217;emplir de larmes.</p>
<p>-Mais là, j&#8217;y arrive pas&#8230; C&#8217;est mes parents&#8230;</p>
<p>Les gouttes d&#8217;eau salée commencèrent à dévaler les joues à peine bronzées du jeune homme assis sur ses genoux. Ne sachant pas quoi faire, Damien se mit à lui caresser les cheveux, incapable de trouver comment le réconforter. Il tenta d&#8217;essuyer les larmes qui lui brisaient le cœur mais rien à faire, elles ne voulaient pas s&#8217;arrêter. Il poussa un soupir désespéré et enserra la taille d&#8217;Alix dont les épaules étaient secouées violemment. Remontant ses mains dans son dos, Damien l&#8217;attira contre son torse et Alix continua à pleurer dans son cou.</p>
<p>-J&#8217;aime pas te voir comme ça, gémit Damien. Ça me donne envie de pleurer aussi&#8230;</p>
<p>Alix eut un léger rire au milieu de ses larmes et se redressa pour le regarder dans les yeux.</p>
<p>-Faut pas, lui dit-il tristement en lui caressant la joue. T&#8217;as pas de raison d&#8217;être malheureux. Et tu sais, c&#8217;est pas de ta faute tout ça. Faut pas t&#8217;en vouloir. On aurait quand même fini par leur dire, mais ça aurait rien changé&#8230;</p>
<p>Sur ces mots, le jeune homme fondit à nouveau en larmes. Damien ravala celles qui menaçaient de le submerger à son tour et caressa le dos d&#8217;Ali.</p>
<p>-Si je pouvais faire quelque chose&#8230;</p>
<p>-Mais tu peux rien faire !, s&#8217;exclama Alix. T&#8217;y peux rien&#8230;</p>
<p>Surpris par ce brusque changement de ton, Damien avait sursauté et s&#8217;était raidi. Alix parvint, malgré ses sanglots, à s&#8217;en apercevoir et s&#8217;excusa tout de suite :</p>
<p>-Pardon&#8230; C&#8217;est pas ce que je voulais dire. Mais tu en fais déjà beaucoup, je ne vois pas vraiment ce que je pourrais te demander de plus&#8230;</p>
<p>Damien arqua les sourcils et glissa une main dans les cheveux blonds et fins. Alix eut un pâle sourire.</p>
<p>-Juste&#8230;, commença-t-il avant de s&#8217;interrompre comme s&#8217;il allait dire une bêtise.</p>
<p>D&#8217;un baiser au coin des lèvres, le plus vieux l&#8217;encouragea à finir.</p>
<p>-Reste avec moi, acheva timidement l&#8217;adolescent.</p>
<p>Touché par cette adorable demande, Damien l&#8217;enlaça et l&#8217;embrassa à nouveau, avec plus de ferveur cette fois-ci. Leurs mains se joignirent et Damien se dit qu&#8217;il n&#8217;avait aucune intention de laisser le jeune homme après tous ces efforts pour l&#8217;avoir auprès de lui.</p>
<p>Avec Alix, il avait l&#8217;impression d&#8217;avoir trouvé sa famille. Au complet.</p>
<p>___________________</p>
<p>Avant-dernier chapitre ! Pas très joyeux une fois de plus&#8230; Alors, vos impressions, vos pronostics sur la fin que je vous concocte ?</p>
<br />Classé dans:<a href='http://merlin4ever.wordpress.com/category/histoires-en-cours/chocolat-chantilly-et-autres-sucreries/'>Chocolat, chantilly et autres sucreries</a>  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/merlin4ever.wordpress.com/1411/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/merlin4ever.wordpress.com/1411/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/merlin4ever.wordpress.com/1411/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/merlin4ever.wordpress.com/1411/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/merlin4ever.wordpress.com/1411/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/merlin4ever.wordpress.com/1411/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/merlin4ever.wordpress.com/1411/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/merlin4ever.wordpress.com/1411/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/merlin4ever.wordpress.com/1411/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/merlin4ever.wordpress.com/1411/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/merlin4ever.wordpress.com/1411/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/merlin4ever.wordpress.com/1411/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/merlin4ever.wordpress.com/1411/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/merlin4ever.wordpress.com/1411/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=merlin4ever.wordpress.com&amp;blog=6697439&amp;post=1411&amp;subd=merlin4ever&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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		<title>Des livres et des lumières-01</title>
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		<pubDate>Sat, 31 Dec 2011 23:01:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>merlin4ever</dc:creator>
				<category><![CDATA[Des livres et des lumières]]></category>
		<category><![CDATA[livres]]></category>
		<category><![CDATA[lumières]]></category>
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		<description><![CDATA[Prologue Les rues de Paris s&#8217;illuminèrent, réverbère par réverbère, et les taches de lumière se propagèrent le long des boulevards, telles une traînée de poudre, lorsque Raphaël Quambrin referma la porte de sa petite librairie, le sourire aux lèvres, heureux comme jamais. Il glissa la clé de sa boutique dans la poche de sa grosse [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=merlin4ever.wordpress.com&amp;blog=6697439&amp;post=1390&amp;subd=merlin4ever&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="aligncenter size-full wp-image-1391" title="base" src="http://merlin4ever.files.wordpress.com/2011/07/base.jpg?w=500" alt=""   /></p>
<p style="text-align:center;"><strong>Prologue</strong></p>
<p>Les rues de Paris s&#8217;illuminèrent, réverbère par réverbère, et les taches de lumière se propagèrent le long des boulevards, telles une traînée de poudre, lorsque Raphaël Quambrin referma la porte de sa petite librairie, le sourire aux lèvres, heureux comme jamais.</p>
<p>Il glissa la clé de sa boutique dans la poche de sa grosse veste d&#8217;hiver, appréciant le contact froid du métal sur la peau de ses doigts.</p>
<p>Cette clé, c&#8217;était la sienne.</p>
<p>Après vingt-deux ans à en avoir rêvé, cela y était enfin : désormais il passerait ses journées entouré de livres, dans un endroit empli de l&#8217;odeur du papier et du cuir des reliures, menant sa vie comme bon lui semblait.</p>
<p>Libraire&#8230; ah, quel beau mot que celui-là !</p>
<p>Tout l&#8217;imaginaire qu&#8217;il s&#8217;était crée autour quand petit il rêvait déjà devant les vieux ouvrages qui s&#8217;entassaient dans des cartons, au fond du grenier de leur vieille maison -il ne savait pas encore lire qu&#8217;il feuilletait déjà les livres pour le simple plaisir de sentir les pages se craqueler sous ses doigts- lui semblait aujourd&#8217;hui accessible.</p>
<p>Il frissonna quand une bourrasque un peu plus forte que les autres vint lui rappeler que l&#8217;hiver était là, et qu&#8217;il n&#8217;aurait pas été dénué d&#8217;intérêt qu&#8217;il songe à rentrer chez lui : la nuit était là.</p>
<p>Paris, qu&#8217;il habitait depuis quelques années déjà, ne lui avait jamais semblé aussi belle que la nuit, alors que le ciel noir aurait pu tout écraser, mais que l&#8217;éclairage des lampadaires rendait toute construction plus majestueuse encore qu&#8217;elle ne pouvait l&#8217;être le jour.</p>
<p>Sur le chemin qu&#8217;il empruntait pour rejoindre son petit appartement, il passait souvent dans des petites rues dont certaines maisons avaient gardé leur aspect moyenâgeux et pouvaient paraître délabrées le jour, mais lui les trouvait sublimées par la lumière jaune et blanche des lampadaires, et parfois de la lune, lorsqu&#8217;il avait la chance de la voir pleine.</p>
<p>Perdu dans ses pensées, il n&#8217;avais pas vu le temps passer et il avait du rester longtemps là, planté sur le bord du trottoir, à regarder passer les voitures en souriant, sans penser à défaire les nœuds que le vent s&#8217;amusait à créer dans se cheveux.</p>
<p>Reprenant ses esprits alors qu&#8217;il regardait sa montre, il se décida à se mettre en route. Il regarda à droite, puis à gauche, plissa les yeux pour ne pas être aveuglé par les phares des voitures qui arrivaient trop vite, et traversa la route quand il fut sûr de ne pas se faire écraser au passage.</p>
<p>Les mains dans les poches et des projets, plein la tête, il allait fêter la réalisation de son rêve le plus cher.</p>
<p>Paris, tout comme lui, n&#8217;était pas prête de dormir.</p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-1392" title="ch1" src="http://merlin4ever.files.wordpress.com/2011/07/ch1.jpg?w=500" alt=""   /></p>
<p><em>8 ans plus tard&#8230;</em></p>
<p>Raphaël salua la femme qui quittait sa librairie avec plusieurs ouvrages sous le bras puis se replongea dans le livre qu&#8217;il avait commencé la veille. Ce n&#8217;était pas un roman très palpitant mais son atmosphère était apaisante et douce, un peu comme le gros pull en laine soyeuse qu&#8217;il portait ce jour-là. Il plaignait les passants qui, au dehors, se serraient dans leur manteau et ouvraient leur parapluie. Il aimait son métier, être toujours à l&#8217;intérieur et bien au chaud quelles que soient les circonstances.</p>
<p>Ce jour-là, le temps était particulièrement mauvais. Cela faisait plusieurs jours que le vent soufflait fort et que le ciel était gris, mais aux dernières feuilles des arbres qui s&#8217;envolaient pour aller recouvrir le trottoir, arrachées par de grandes bourrasques, s&#8217;ajoutaient maintenant de longs traits de pluie qui faisaient disparaître toutes les couleurs de la rue. Les clients de ce matin-là lui avaient également assuré que le froid était plus saisissant que les autres jours.</p>
<p>Lassé du spectacle de la rue, il soupira, jeta un coup d’œil à son livre qu&#8217;il avait délaissé depuis quelques minutes puis le referma en laissant un ruban entre les pages pour se souvenir de là où,il avait laissé l&#8217;histoire. Il se leva ensuite et se déplaça derrière son bureau pour allumer la chaîne hi-fi qu&#8217;il avait installée là, et y placer un disque de musique classique.</p>
<p>Les violons et autres pianos faisaient partie de ses petits plaisirs. Il avait toujours aimé les ambiances calmes, et trouvait que lecture et musique étaient deux activités qui s&#8217;accordaient bien. Il lui arrivait en plus d&#8217;être agréablement surpris lorsqu&#8217;un des clients reconnaissant un morceau de Mozart ou Chopin. Alors il avait l&#8217;impression qu&#8217;un lien se créait, une sorte de connivence qui ajoutait un charme de plus à son métier.</p>
<p>Quand la musique se fut lancée, il se mit en tête de faire le tour de la pièce pour vérifier que tout était en ordre. Il sortit de son bureau puis commença à longer les étagères, passant en revue les ouvrages qui s&#8217;y trouvaient et vérifiant par la même occasion qu&#8217;elles n&#8217;étaient pas trop poussiéreuses.</p>
<p>Au moment de s&#8217;installer dans cette petite librairie, il avait cherché comment aménager au mieux l&#8217;espace pour obtenir l&#8217;ambiance qu&#8217;il souhaitait offrir à ses clients. Il avait finalement opté pour une peinture beige et des étagères en bois foncé. Le long bureau installé contre le mur du fond était de la même couleur.</p>
<p>Il était satisfait de l&#8217;ensemble, même s&#8217;il commençait à manquer de place pour afficher tous les ouvrages qu&#8217;il désirait. Il pensait d&#8217;ailleurs rajouter sous peu des présentoirs au centre de la pièce pour y placer les nouveautés.</p>
<p>En terminant son inspection, Raphaël passa une main sur sa joue et sourit en s&#8217;apercevant qu&#8217;il avait oublié de se raser. Il espérait que cela ne ferait pas fuir les clients. Le carillon de la porte d&#8217;entrée sonna alors. Quand on parle du loup&#8230;</p>
<p>Raphaël se tourna vers le nouvel arrivant et reconnut un de ses habitués, un jeune étudiant qui venait souvent pour lui acheter des ouvrages scientifiques et discuter un peu de ses projets d&#8217;avenir. Raphaël n&#8217;y comprenait en général pas grand chose mais se faisait un plaisir de l&#8217;aider à trouver les livres dont il avait besoin. Il avait retenu qu&#8217;il rêvait d&#8217;être un jour vétérinaire.</p>
<p>Il salua le jeune homme puis retourna se placer derrière son bureau. La chaîne hi-fi, non loin de là, continuait de diffuser un concerto pour violon.</p>
<p>-Bonjour, souffla son client en rabattant sa capuche en arrière. Je voudrais commander un livre.</p>
<p>-Bien sûr. Vous avez les références ?</p>
<p>Il nota le nom du livre sur son bloc-notes puis assura le jeune homme que sa commande serait passée dans la journée. Ils discutèrent un peu de la pluie et du beau temps, jusqu&#8217;à ce que le portable du jeune homme sonne et qu&#8217;il doive s&#8217;en aller un peu précipitamment. Il promit cependant de revenir très bientôt.</p>
<p>Raphaël sourit en le regardant partir, amusé de le voir courir sous la pluie, sans doute pour se rendre à un rendez-vous amoureux. Il lui semblait que ce temps était déjà loin pour lui, qui avait désormais trente-deux ans.</p>
<p>À nouveau seul, il se décida à ranger la petite dizaine de livres qui reposait sur une étagère derrière son bureau. Il s&#8217;accroupit pour leur faire une place au ras du sol puis se releva, s&#8217;étira et retourna s&#8217;asseoir à sa place. Il alluma ensuite son ordinateur pour ne pas oublier le livre que lui avait demandé le jeune étudiant.</p>
<p>Son quotidien ressemblait à cela : accueillir les clients, les conseiller, passer des commandes, ranger les livres, faire le ménage dans la pièce&#8230;</p>
<p>Parfois c&#8217;était un peu fatigant, mais tant qu&#8217;il avait le temps de lire un peu au milieu de tout ça, il était heureux. Ce qui lui faisait le plus plaisir, c&#8217;était quand un client venait avec pour seul bagage son envie de lire, et lui laissait carte blanche pour trouver l&#8217;auteur qui saurait lui plaire.</p>
<p>Quand il put s&#8217;accorder un moment de repos, Raphaël se laissa aller contre le dossier de sa chaise, ferma les yeux et se laissa bercer par le rythme lent de la musique. Il resta un long moment ainsi, somnolant à moitié, quand soudain la sonnerie du téléphone de la boutique retentit et le tira de son long alanguissement.</p>
<p>Il se redressa vivement sur sa chaise et chercha le combiné des yeux, mais ne le vit pas. Comprenant que le son venait de plus loin dans la pièce, il se leva et se mit à la recherche du mystérieux téléphone perdu.</p>
<p>Il le trouva, trois sonneries plus tard, entre deux romans qu&#8217;on lui avait demandés pour une classe de lycée. Il s&#8217;empressa de décrocher et de placer le combiné sur son oreille.</p>
<p>-Allô ?</p>
<p>-Allô, mon chéri ?</p>
<p>Raphaël poussa un profond soupir.</p>
<p>-Maman, je t&#8217;ai déjà dit de m&#8217;appeler sur mon portable&#8230; pas sur le fixe de la boutique !</p>
<p>-Oui, mais&#8230;</p>
<p>Sa mère avait une fâcheuse tendance à commencer ses phrases par « oui mais » quand elle ne savait pas quoi dire. Ce qui, à la longue, l&#8217;agaçait prodigieusement.</p>
<p>-&#8230; c&#8217;était un peu urgent et je ne savais plus où j&#8217;ai mis ton numéro.</p>
<p>-Ça fait plaisir, tu fais attention à ce qui me concerne, grommela-t-il.</p>
<p>-Quoi ? Bon, attend, je n&#8217;ai pas le temps de rigoler&#8230;</p>
<p>-Mais moi non plus ! Je travaille !</p>
<p>-Tu as bien le temps de prendre une pause, non ?</p>
<p>-Non. Au revoir.</p>
<p>Il poussa un soupir exaspéré et raccrocha au nez de sa mère. Il balança le téléphone sur son bureau d&#8217;un geste agacé avant de s&#8217;asseoir un peu brusquement sur sa chaise. Il ne supportait pas les critiques à propos de son travail, sous-entendues ou non, et qu&#8217;elles viennent de sa mère ne changeait rien. Au contraire, c&#8217;était même pire.</p>
<p>Pourquoi ne voulait-elle pas comprendre qu&#8217;il était très heureux comme ça, qu&#8217;il avait réalisé son rêve et que ça lui suffisait ? Non, elle pensait certainement qu&#8217;il vivrait mieux avec un poste haut placé dans une grande entreprise, roulant sur l&#8217;or et ne sachant pas quoi faire de son argent.</p>
<p>Mais ce n&#8217;était pas ce dont il avait envie, et à trente-deux ans, il entendait bien mener sa vie comme il l&#8217;entendait. Peut-être s&#8217;inquiétait-elle de ne toujours pas avoir rencontré sa fiancée, voire sa femme.</p>
<p>Sauf qu&#8217;il n&#8217;avait personne dans sa vie et aucune envie d&#8217;organiser une de ces mises en scène où une amie jouerait le rôle de sa fiancée juste pour satisfaire les caprices de sa mère, qui ne manquait jamais une occasion de lui rappeler qu&#8217;elle attendait ses petits enfants.</p>
<p>Et puis, il vivait très bien son célibat. Il n&#8217;avait en effet aucune vie sentimentale depuis qu&#8217;il s&#8217;était installé à son compte, et la gestion de la librairie lui prenait tout son temps. Cela ne le dérangeait pas vraiment, puisqu&#8217;il aimait son travail, et il ne se plaignait jamais de ne pas avoir de temps libre. La situation lui convenait parfaitement, et puis il avait tout de même une vie sociale. Il était resté en contact avec quelques amis du lycée.</p>
<p>Bon, il devait l&#8217;avouer, ce n&#8217;étaient désormais plus que de simples connaissances. Il n&#8217;avait gardé d lien qu&#8217;avec une personne, qu&#8217;il avait rencontrée plus récemment, et en dehors du cadre de ses études. En effet, il avait fait la connaissance de son meilleur am dans une bibliothèque parisienne, et c&#8217;est leur passion pour la lecture qui les avait rapprochés. Petit à petit, ils avaient commencé à se voir plus souvent, se donnant rendez-vous à la bibliothèque puis autour d&#8217;un café&#8230; Leur amitié s&#8217;était construite ainsi. Valentin avait trois ans de plus que lui mais n&#8217;était pas plus un fils modèle que lui, et n&#8217;était pas marié non plus. D&#8217;ailleurs, si quelqu&#8217;un était plus loin du mariage que Raphaël, c&#8217;était bien lui.</p>
<p>Il avait l&#8217;impression que plus son ami vieillissait, et plus les femmes passaient vite dans son lit, se succédant à une vitesse folle. Raphaël aurait cru qu&#8217;avec le temps, cette mentalité d&#8217;hidalgo s&#8217;estomperait au moins un peu. Il lui semblait que c&#8217;était l&#8217;inverse qui se produisait finalement.</p>
<p>Enfin, s&#8217;il était heureux comme ça. Et lui était heureux sans aucune femme, et si ça ne convenait pas à sa mère, il ne pouvait que lui conseiller de faire un deuxième enfant tout de suite, avant qu&#8217;elle ne soi trop vieille pour être féconde et pour voir les petits enfants que ce fils ou cette fille prodigue saurait si bien lui donner.</p>
<p>C&#8217;est amer que Raphaël se leva pour aller tourner la pancarte accrochée en vitrine qui indiqua alors « Fermé ». Il ferma aussi la porte avant de se diriger vers le fond de la boutique. Il ouvrit une porte marquée « Privé » et tomba sur un escalier assez sombre, en haut duquel se trouvait son appartement.</p>
<p>Lorsqu&#8217;il avait décidé d&#8217;acheter le local pour sa librairie, il avait ensuite décidé de s&#8217;installer complètement ici et avait dépensé tout l&#8217;argent donné si gracieusement par ses grands-parents depuis sa naissance, pour s&#8217;offrir également l&#8217;appartement du dessus. Il trouvait rassurant, lorsqu&#8217;il travaillait, de savoir qu&#8217;il vivait au-dessus de ses livres, et quand il était chez lui, de savoir qu&#8217;il dormait au-dessus d&#8217;un trésor.</p>
<p>Trésor qu&#8217;il allait quitter pour quelques instants désormais, le temps au moins de prendre son repas avant de redescendre dans son élément. Car même s&#8217;il adorait son appartement, c&#8217;était quand même au milieu des livres qu&#8217;il se sentait le mieux. Il monta les marches de l&#8217;escalier d&#8217;un pas lent, ne prenant même pas la peine d&#8217;allumer la lumière. Il connaissait par cœur le nombre de marches, leur hauteur, et ralentissait toujours lorsqu&#8217;il apercevait la lumière passer sous la porte, pour chercher la poignée à tâtons.</p>
<p>Tous ces petits gestes auxquels il s&#8217;était habitué, et que beaucoup de gens trouvaient ennuyeux, qualifiaient de routine, lui les trouvait rassurants. Il aimait pousser la porte de son appartement, pénétrer dans le salon lumineux où régnait toujours la même odeur de meubles en bois un peu poussiéreux et de brioche fraîche qu&#8217;il achetait régulièrement dans une petite boulangerie non loin de là.</p>
<p>Il ôta ses chaussures dans l&#8217;entrée et se dirigea vers la cuisine, qui se trouvant dans la même pièce à vivre que la table où il mangeait, ainsi que le canapé et la télé. La salle de bain était une petite pièce fermée au fond de l&#8217;appartement, juste à côté de la chambre. La cuisine était ouverte sur le reste et se trouvait à droite en entrant. Raphaël ouvrit son frigo et en sortir des restes de pâtes à la bolognaise qu&#8217;il mit à réchauffer au micro-ondes. C&#8217;était l&#8217;avantage de vivre seul : personne pour râler qu&#8217;on mangeait toujours la même chose. Il n&#8217;était pas un grand chef cuisiner et s&#8217;en contentait très bien.</p>
<p>Il sortit des placards en bois une assiette, un verre et des couverts, puis mit la table dans le salon. Il s&#8217;installa sur la table rectangulaire en chêne, qui était beaucoup trop grande pour lui puisqu&#8217;il ne recevait que très rarement.</p>
<p>Il commença à manger face à l&#8217;une des fenêtres qui apportaient beaucoup de lumière à la grande pièce. C&#8217;était cette clarté et cette luminosité qui l&#8217;avaient définitivement convaincu d&#8217;acheter l&#8217;appartement.</p>
<p>Tout en mangeant, il se remémora son installation, les tonnes de cartons envahissant l&#8217;espace, et remarqua qu&#8217;en huit ans, rien n&#8217;avait changé. Les meubles étaient toujours les mêmes, à leur place. Il avait juste refait les peintures, et s&#8217;était acheté une nouvelle télé.</p>
<p>Le reste ne bougeait pas, et c&#8217;était très bien ainsi. Il aimait ce côté rassurant de l&#8217;immobilité des choses quand on perçoit à peine leur vieillissement. Il avait l&#8217;impression de mieux s&#8217;y situer comme ça. Seul lui évoluait et prenait de l&#8217;âge au fil des ans. Cependant, ses habitudes étaient toujours les mêmes. Sa vie aussi.</p>
<p>Une agréable routine, en somme.</p>
<p>____________________</p>
<p>Et voilà, pour le nouvel an, le début également d&#8217;une nouvelle aventure. Comme vous le voyez je reviens à mon goût pour Paris, c&#8217;est vraiment un plaisir d&#8217;écrire sur cette ville (même si c&#8217;est cliché). Donc un premier chapitre calme, qui laisse bien entendu augurer des bouleversements dans la vie de notre personnage principal <img src='http://s1.wp.com/wp-includes/images/smilies/icon_wink.gif' alt=';)' class='wp-smiley' /> </p>
<p>Donc, qu&#8217;en pensez-vous ? Avez-vous envie de lire la suite (quelle que soit la réponse vous y aurez droit mais bon xD) ? Et&#8230; pour les anciens qui auraient un peu de mémoire, j&#8217;attends des remarques sur un passage précis de ce chapitre =P.</p>
<p>Bonne année et à bientôt !</p>
<br />Classé dans:<a href='http://merlin4ever.wordpress.com/category/histoires-en-cours/des-livres-et-des-lumieres/'>Des livres et des lumières</a>  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/merlin4ever.wordpress.com/1390/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/merlin4ever.wordpress.com/1390/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/merlin4ever.wordpress.com/1390/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/merlin4ever.wordpress.com/1390/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/merlin4ever.wordpress.com/1390/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/merlin4ever.wordpress.com/1390/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/merlin4ever.wordpress.com/1390/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/merlin4ever.wordpress.com/1390/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/merlin4ever.wordpress.com/1390/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/merlin4ever.wordpress.com/1390/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/merlin4ever.wordpress.com/1390/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/merlin4ever.wordpress.com/1390/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/merlin4ever.wordpress.com/1390/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/merlin4ever.wordpress.com/1390/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=merlin4ever.wordpress.com&amp;blog=6697439&amp;post=1390&amp;subd=merlin4ever&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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		<title>Le voleur</title>
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		<pubDate>Sat, 31 Dec 2011 23:01:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator>merlin4ever</dc:creator>
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		<category><![CDATA[alexis]]></category>
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			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="aligncenter size-full wp-image-1365" title="le voleur" src="http://merlin4ever.files.wordpress.com/2011/06/le-voleur.jpg?w=500" alt=""   /></p>
<p>Ludovic était arrivé au bar à vingt heures comme tous les sois. Il se rendait là dès qu&#8217;il avait mangé, pour éviter de se retrouver seul chez lui. Il détestait cela, et d&#8217;ailleurs il passait la plupart de son temps à l&#8217;extérieur : au travail, au restaurant, et ici&#8230; Il avait renoncé à meubler le silence avec des amis ou des connaissances, puisque de toute façon il préférait être libre de réfléchir à sa guise, sans avoir besoin de tenir une conversation. Il aimait observer le monde autour de lui, détailler les gens, la ville, tout était susceptible d&#8217;attirer son attention et de le faire réfléchir. Seulement, il aimait le faire avec du bruit autour de lui. Un fond sonore lui était indispensable.</p>
<p>Cette angoisse du silence l&#8217;amenait donc à venir boire dans ce bar tous les soirs. Ainsi, il était entouré, observait la foule à sa guise pendant toute la soirée, et parfois même trouvait un partenaire pour la nuit, ce qui lui évitait de la passer à boire. En l&#8217;occurrence, cela faisait plusieurs semaines qu&#8217;il y était contraint. Il faut croire qu&#8217;en ce moment, il n&#8217;y avait personne susceptible de lui plaire, ni à qui il aurait pu plaire.</p>
<p>Mais il avait la sensation que, ce soir, il en irait autrement. Il y avait dans la salle plus d&#8217;animation que d&#8217;habitude. Plus de monde, également. L&#8217;était d&#8217;esprit devait être globalement plus joyeux, car même la musique était plus entrainante que les autres soirs. Il devait bien admettre que l&#8217;ensemble le rendait moins enclin à la solitude, et qu&#8217;il se sentait plus disposé à tenir une conversation avec qui voudrait bien l&#8217;approcher.</p>
<p>Il était accoudé au bar, un verre de bière à la main, et s&#8217;était lancé dans une discussion animée avec le serveur, à propos du cinéma. Lui préférait les vieux films français, l&#8217;autre les superproductions américaines. Évidemment, il y avait un monde entre les deux. Sans se disputer, ils argumentaient cependant avec ferveur pour la cause qu&#8217;ils préféraient.</p>
<p>Au bout d&#8217;un moment cependant, le serveur dut se remettre au travail et le laisser seul avec sa bière. Il se mit à observer la salle et les gens qui y évoluaient. La plupart étaient occupés à boire, depuis un moment pour certains s&#8217;il en croyait les rires gras qui lui parvenaient. Il faut dire que lui aussi avait beaucoup bu depuis deux heures qu&#8217;il était là, mais il tenait assez bien l&#8217;alcool pour quelqu&#8217;un de vingt-cinq ans qui n&#8217;avait qu&#8217;une année d&#8217;entrainement derrière lui. Il se sentait simplement mieux, tout en gardant le contrôle de ses actes, ce qui n&#8217;est pas négligeable en soi.</p>
<p>Il commanda une énième bière, sa troisième ou sa quatrième. Il gardait à l&#8217;esprit un chiffre approximatif, pour être sur de ne pas se ruiner. Commander un verre supplémentaire était devenu un geste machinal qu&#8217;il effectuait sans y penser vraiment.</p>
<p>Il s&#8217;ennuyait un peu, à boire seul. La contemplation des gens occupés à danser ou à rire ne lui suffisait plus. Il poussa un soupir et se décida à quitter le bar qui était presque déserté à cette heure où l&#8217;alcool poussait les gens à se lâcher et à danser.</p>
<p>Le soir, le patron des lieux avait l&#8217;habitude de pousser les tables au fond de la salle pour libérer une piste de danse. Ludovic s&#8217;en approcha un peu, curieux de voir dans quel état étaient les pires.</p>
<p>Il était encore tôt pour les fêtards, aussi il ne se passait rien de sensationnel. Une vingtaine de personnes se trémoussaient gentiment, un verre à la main. Il s&#8217;adossa à un mur et termina son verre qu&#8217;il posa sur une table. Il ferma ensuite les yeux pour se laisser envahir par la musique, mais sa tranquillité fut de courte durée car on l&#8217;aborda soudain :</p>
<p>-D&#8217;humeur solitaire ?</p>
<p>Il tourna la tête vers une fille, plutôt jolie, qui s&#8217;était placée à sa gauche. Il lui sourit pour paraître aimable et répondit en regardant le centre de la salle :</p>
<p>-Pas vraiment. Je n&#8217;ai pas encore envie de me mêler à tous ceux-là. Je n&#8217;ai pas le sentiment que leur conversation serait très intéressante.</p>
<p>Elle hocha la tête en souriant, et il la vit le détailler discrètement. Visiblement, il lui plaisait. Malheureusement pour elle, il n&#8217;était pas intéressé. Toutefois, comme il n&#8217;avait personne en vue pour l&#8217;instant, il décida d&#8217;accepter cette compagnie à laquelle il ne rechignait pas ce soir, pour une fois qu&#8217;il n&#8217;était pas d&#8217;humeur à réfléchir sur tout ce qu&#8217;il voyait.</p>
<p>Ils discutèrent donc un moment, parlèrent de musique et d&#8217;art, jusqu&#8217;à ce qu&#8217;un soudain changement d&#8217;ambiance se produise dans la salle. La lumière changea, devint plus tamisée et ciblant le centre de la pièce.</p>
<p>Il échangea un coup d’œil interrogateur avec la femme qui lui tenait compagnie, ne comprenant pas ce qu&#8217;il se passait. Il arrivait, même si c&#8217;était rare, que le patron lance des slows lors de certaines soirées. Mais il n&#8217;avait pas l&#8217;impression que c&#8217;était le cas ce soir-là. Cela ressemblait plutôt à l&#8217;envie soudaine du patron qui aurait voulu s&#8217;amuser avec les lumières, ou faire un essai. Il n&#8217;y avait plus de musique, en plus. Il laissa la fille derrière lui et se rapprocha du groupe de personnes qui se trouvaient au centre de la salle. Il lui sembla, en se rapprochant, qu&#8217;elles formaient un cercle autour de la zone éclairée par cette faible lumière jaune.</p>
<p>Le silence s&#8217;était fait depuis la fin de la dernière chanson, et il sursauta légèrement quand la musique retentit à nouveau. Il ne connaissait pas ce morceau, aussi prêta-t-il une oreille attentive aux premières notes qui esquissaient une mélodie à la fois dansante et lascive. Les gens se pressèrent alors vers le centre de la pièce et un murmure d&#8217;étonnement traversa la foule.</p>
<p>Intrigué, Ludovic joua des coudes pour enfin savoir ce qui les attirait à ce point. La musique emplissait ses oreilles à mesure qu&#8217;il s&#8217;approchait du centre de l&#8217;attention générale. La lumière l&#8217;éblouit lorsqu&#8217;il passa le dernier rang de spectateurs et il mit quelques secondes à réaliser ce qu&#8217;il se passait.</p>
<p>Il se figea quand il l&#8217;aperçut. Au centre du cercle, en pleine lumière, un adolescent d&#8217;à peine vingt ans avait comme aimanté tous les regards sur lui. Ludovic le fit pas exception. À peine eut-il posé ses yeux sur le jeune homme qu&#8217;il ne put plus les en détourner.</p>
<p>Il avait commencé à bouger lentement au début de la chanson, tant qu&#8217;il n&#8217;y avait que la musique. Mais dès que les paroles furent entamées, ce fut comme une explosion. Le jeune homme commença à se déhancher d&#8217;une façon incroyablement sensuelle, et les mots espagnols coulèrent de sa bouche, roulant sur sa langue si naturellement que c&#8217;en était fascinant.</p>
<p>Ludovic retint son souffle un moment, incapable de se détourner de ce spectacle au magnétisme époustouflant. C&#8217;est comme si on l&#8217;avait saisi aux tripes, l&#8217;empêchant de bouger d&#8217;ici. Autour de lui, les autres regardaient d&#8217;un œil curieux, voire amusé. Lui était tout simplement scotché. Cette voix accentuée et chaude lui donnait de longs frissons. Il vit l&#8217;adolescent lever les bras et croiser les mains derrière sa tête, puis relever les yeux et adresser un sourire ravageur à l&#8217;assemblée.</p>
<p>Ludovic déglutit. Il n&#8217;avait même pas conscience d&#8217;être au milieu de ce bar. Il n&#8217;avait plus aucune notion du temps, et pourtant il fallait bien admettre qu&#8217;il tournait, au fur et à mesure que la musique l&#8217;envahissait et que la chanson s&#8217;écoulait.</p>
<p>Il ne pouvait détacher ses yeux de ce corps en mouvement. Il fixait tour à tour ses jambes, ses hanches qui ondulaient au rythme langoureux des instruments, son torse bougeant sous le tissu de ses vêtements, ses mains, ses yeux&#8230;</p>
<p>Ses yeux qui finirent par croiser les siens, le clouant sur place. Un grand sourire étira les lèvres du jeune homme, et Ludovic se sentit rougir malgré lui. Il eut presque honte d&#8217;être charmé à ce point par un adolescent alors que d&#8217;ordinaire, il était celui qui cherchait à séduire. Il se retrouvait en quelque sorte pris à son propre piège, par quelqu&#8217;un de beaucoup moins expérimenté que lui. Enfin ça, il le supposait seulement.</p>
<p>La façon de danser du jeune homme dénotait beaucoup trop de sensualité pour qu&#8217;il n&#8217;ait pas l&#8217;habitude de captiver et d&#8217;aguicher de cette façon.</p>
<p>Ses yeux étaient toujours plongés dans ceux de son vis-à-vis, et il avait comme l&#8217;impression que les regards se tournaient vers lui au fur et à mesure que les membres de l&#8217;assemblée se rendaient compte de cet échange visuel, qui plaçait Ludovic au centre de l&#8217;attention.</p>
<p>Il se sentit soudain pris au piège, comme si en croisant son regard il avait fait un pas vers le centre se la scène, et qu&#8217;il ne pourrait plus revenir en arrière. Le danseur commença d&#8217;ailleurs à s&#8217;avancer un peu, se rapprochant dangereusement.</p>
<p>Il y avait quelque chose dans les yeux de cet adolescent d&#8217;effrayant et d&#8217;attirant à la fois. Ludovic avait en cet instant la sensation d&#8217;être comme un petit moucheron pris dans la toile d&#8217;une araignée venimeuse. Un spécimen rare, magnifique et dangereux. Et lui était englué, incapable de se sortir de là. Peu à peu, il vit le jeune homme se rapprocher de lui, lui faisant signe de s&#8217;avancer vers lui, mais Ludovic n&#8217;osait pas se placer dans la lumière, devant tous ces regards curieux qui attendaient la suite du spectacle.</p>
<p>Cependant, il n&#8217;eut pas le choix. Les mains brûlantes du jeune homme vinrent saisir les siennes, moites, pour l&#8217;attirer près de lui. Ludovic se laissa faire mollement et apprécia la chaleur qui l&#8217;envahit à travers ces mains, remontant dans sa poitrine et lui embrouillant le cerveau.</p>
<p>Tiré par cet adolescent diabolique, il arriva au centre de la lumière, et se retrouva projeté contre son torse et collé fermement contre son corps. Il était coincé et avait terriblement envie que cela continue. Entrainé par la musique et la voix chaude du jeune homme, il finit par se laisser aller et calqua son déhanché sur le sien. Leurs bassins s&#8217;entrechoquaient alors que leurs torses ne se détachaient pas d&#8217;un centimètre. L&#8217;adolescent était plus petit que lui, d&#8217;une tête au moins, et pourtant il le dominait complètement. Levant la tête, les yeux plantés dans les siens d&#8217;une façon extrêmement provocante, il menait la danse, c&#8217;était le cas de le dire.</p>
<p>Il ne souciait plus des gens autour d&#8217;eux, qui les regardaient les yeux écarquillés ; son cerveau et toute sa capacité de réflexion étaient dissouts, par ce venin étourdissant qu&#8217;il n&#8217;avait jamais subi auparavant.</p>
<p>Bizarrement, ce n&#8217;était pas désagréable. Il comprenait la fascination de la proie devant son prédateur, qui sait qu&#8217;elle va se faire manger mais ne peut pas bouger.</p>
<p>Un mouvement brusque du jeune homme lui fit reprendre ses esprits, quand il tourna contre lui et colla son dos contre son torse. Ludovic entoura sa taille de ses bras et reprit ses mouvements en le tenant ainsi contre lui. Il observait maintenant le visage de l&#8217;adolescent sous un angle nouveau, ses yeux attirés par ses lèvres fines bougeant rapidement, ses yeux fermés aux grands cils, ou ses cheveux humides dont il percevait maintenant l&#8217;odeur.</p>
<p>Il baissa la tête pour humer leur parfum, avant de plonger son visage dans son cou. Presque malgré lui, il posa ses lèvres sur la peau humide et chaude, et le jeune homme tourna la tête vers lui en souriant, recouvrant de ses mains celles de Ludovic, posées sur les hanches bougeant sans cesse. Le bassin du danseur frottait contre l&#8217;entrejambe de Ludovic qui sentait l&#8217;excitation monter. Il ferma les yeux et appuya son visage contre l&#8217;épaule de celui qui le mettait dans tous ses états.</p>
<p>-J&#8217;en peux plus, gémit-il contre le tissu de son T-shirt près du corps.</p>
<p>Il perçut un léger rire au milieu des mots espagnols et, quelques secondes plus tard, comme si sa parole avait été entendue, la musique s&#8217;arrêta et le jeune homme s&#8217;immobilisa enfin contre lui. Ludovic se redressa lentement, à bout de souffle, et admira le visage extatique du danseur après sa performance, radieux sous les applaudissements qui se déclenchèrent parmi les spectateurs.</p>
<p>Ludovic, derrière lui, n&#8217;osait pas bouger. Il attendit que le jeune homme se soit abreuvé tout son soul des félicitations, avant de faire volte face et se tourna vers lui, le clouant sur place de son regard rieur. Ludovic écarquilla les yeux quand il le rejoignit d&#8217;un pas vif, le prit par la main et, l&#8217;entrainant derrière lui, fendit la foule amassée autour d&#8217;eux.</p>
<p>Ils se dirigèrent vers le bar et l&#8217;adolescent le lâcha, s&#8217;installant sur un des sièges inoccupés. Un peu hébété, Ludovic fit de même et se plaça à côté de lui. Le jeune homme le regarda par en-dessous, semblant attendre quelque chose. Le plus vieux, mal à l&#8217;aise et excité à la fois, finit par se racler la gorge pour masquer son désir et demanda d&#8217;une voix mal assurée :</p>
<p>-Comment tu t&#8217;appelles ?</p>
<p>-Alexis, répondit l&#8217;intéressé du tac au tac.</p>
<p>Ludovic hocha la tête. Regardant autour de lui, il cherchait quelque chose à dire mais ne voyait rien qui aurait su correspondre à ce qu&#8217;il ressentait, au désordre qui l&#8217;habitait. Ce jeune homme, cet Alexis, il l&#8217;avait rencontré à peine dix minutes auparavant, et pourtant l&#8217;érection comprimée dans son pantalon témoignait qu&#8217;il avait terriblement envie de lui.</p>
<p>Cependant sa conscience le retenait. Il ne pouvait pas coucher avec un ado qui sortait de nulle part, et dont il ne savait même pas s&#8217;il était majeur. La décence et les bonnes manières lui imposaient de faire les choses progressivement.</p>
<p>-Tu veux boire quelque chose ?, demanda-t-il finalement, nerveux.</p>
<p>Alexis eut un sourire narquois.</p>
<p>-J&#8217;aurais plutôt envie de faire l&#8217;amour.</p>
<p>Ludovic en avala sa salive de travers, écarquillant les yeux. Il observa avec attention le visage du jeune homme qui, malgré ses yeux rieurs, avait l&#8217;air sérieux. Le plus âgé regarda autour de lui, comme pour chercher un soutien qui l&#8217;éclairerait sur ce qu&#8217;il devait faire, dire. S&#8217;il avait voulu faire dans la douceur, ce n&#8217;était visiblement pas dans les intentions d&#8217;Alexis.</p>
<p>Pour l&#8217;instant, il était juste perdu. Il chercha une réponse dans les yeux du jeune homme mais n&#8217;y comprit pas grand chose.</p>
<p>-J&#8217;étais sérieux, tu sais, relança l&#8217;adolescent.</p>
<p>Ludovic poussa un soupir et ferma les yeux.</p>
<p>-Tu ne veux pas ?, l&#8217;interrogea Alexis. Moi j&#8217;ai envie pourtant. Tu me plais vraiment.</p>
<p>Ludovic ouvrit les yeux quand un rire parvint à ses oreilles. Il en chercha l&#8217;origine et vit le patron du bar, de l&#8217;autre côté de celui-ci, les regarder en pouffant.</p>
<p>-Tu essayes d&#8217;en choquer le plus possible ?, demanda l&#8217;homme à Alexis.</p>
<p>Ludovic écarquilla les yeux et regarda tour à tour le jeune homme et le patron, avant d&#8217;oser poser sa question :</p>
<p>-Vous vous connaissez ?</p>
<p>-Un peu, oui !, s&#8217;exclama Alexis. C&#8217;est mon maquereau, ajouta-t-il en souriant d&#8217;un air mutin, si bien que Ludovic se mit à tousser à nouveau, ne sachant pas ce qu&#8217;il devait croire ou non.</p>
<p>-T&#8217;exagères !, s&#8217;exclama le patron. Disons, poursuivit-il d&#8217;une voix plus basse en se penchant vers Ludovic d&#8217;une façon intimiste, que je lui fournis une chambre pour conclure, ça lui évite de devoir payer l&#8217;hôtel.</p>
<p>Ludovic écarquilla les yeux. Était-il arrivé chez les fous ?</p>
<p>-Et rassurez-vous, il est majeur.</p>
<p>Alexis lui sourit.</p>
<p>-J&#8217;ai dix-neuf ans, en fait.</p>
<p>Ludovic se prit la tête dans les mains, déboussolé. Il avait beau connaître les aventures d&#8217;un soir, d&#8217;ordinaire ça s&#8217;était toujours passé en douceur, progressivement&#8230; Ce jeune homme qui disait tout haut qu&#8217;il avait envie de coucher avec lui le mettait mal à l&#8217;aise.</p>
<p>-Ça ne va pas ?, s&#8217;inquiéta soudain Alexis en posant une main sur son bras.</p>
<p>-Lâche-moi !</p>
<p>Son cri avait fait sursauter le jeune homme et il s&#8217;empressa de s&#8217;excuser :</p>
<p>-Je&#8230; pardon.</p>
<p>Alexis haussa les sourcils puis eut un sourire indulgent. Sans lâcher du regard son aîné qui ne savait décidément plus où il en était, il se leva et tendit une main vers lui :</p>
<p>-Viens.</p>
<p>Ludovic grimaça, mais le jeune homme l&#8217;éclaira sur ses intention,s le rassurant :</p>
<p>-On va discuter un peu ailleurs. Il y a trop de bruit ici.</p>
<p>Il pesa rapidement le pour et le contre, avant de se dire qu&#8217;il n&#8217;avait pas grand chose à perdre s&#8217;il cédait à la tentation. Un peu d&#8217;honneur tout au plus. Ce ne serait pas vraiment de sa faute. Il se leva en jetant un regard hésitant au patron, dont l&#8217;expression énigmatique l&#8217;effraya un peu. Pourtant, il suivit Alexis, le regard immanquablement attiré par le bas de son dos -ses fesses, pour le dire clairement- tandis qu&#8217;il marchait devant lui.</p>
<p>Ils longèrent le bar et se dirigèrent vers une porte marquée d&#8217;un sens interdit au-dessous duquel était inscrit « privé ». Le jeune homme l&#8217;ouvrit sans aucune hésitation, attirant pour la dernière fois de la soirée les regards curieux des consommateurs. Ludovic observa la salle comme s&#8217;il était condamné à ne plus jamais ressortir, et la porte se referma derrière lui. Il se tourna vers Alexis qui le fixait en penchant la tête sur le côté, avec un demi-sourire.</p>
<p>-N&#8217;aie pas peur. Je ne vais pas te manger. Allez, viens.</p>
<p>Il lui prit doucement la main, contrastant avec sa franchise, et Ludovic le suivit sans résister. Il perdait toute force et ne réfléchissait plus vraiment. Ils se trouvaient dans un couloir sombre. Alexis, marchant d&#8217;un pas sûr, l&#8217;entraina jusqu&#8217;à la dernière porte sur leur gauche, qu&#8217;il poussa d&#8217;un coup de pied.</p>
<p>Ils pénétrèrent dans une petite chambre, pas vraiment luxueuse. Tout était blanc, hormis les rideaux vert pomme qui étaient la seule touche de couleur dans la pièce. Un lit double et une table de nuit en contreplaqué consistaient tout le mobilier.</p>
<p>Alexis referma la porte derrière eux et l&#8217;invita à s&#8217;avancer plus dans la pièce. Ludovic, un peu intimidé, fit quelques pas puis s&#8217;arrêta. Le jeune homme le regarda d&#8217;un air amusé et poussa un soupir. Il s&#8217;assit sur le rebord du lit et tapota le matelas à côté de lui.</p>
<p>-Allez, viens t&#8217;asseoir. Je ne vais pas te sauter dessus, je te l&#8217;ai dit.</p>
<p>Hésitant, Ludovic fit quelques pas de plus et se laissa tomber sur le lit, en faisant grincer les ressorts. Alexis tourna la tête vers lui, un léger sourire aux lèvres.</p>
<p>-Alors t&#8217;es pas du genre à coucher le premier soir, c&#8217;est ça ?</p>
<p>Ludovic eut un léger rire. Il baissa les yeux sur les mains posées sur ses genoux.</p>
<p>-Le premier soir, si, commença-t-il à expliquer. Ce serait même plutôt dans mes habitudes, ajouta-t-il en souriant. Mais&#8230; faut quand même un peu de temps pour se mettre dans l&#8217;ambiance, tu vois ?</p>
<p>Alexis eut un sourire narquois.</p>
<p>-Pourtant j&#8217;avais l&#8217;impression que ma petite danse t&#8217;avait bien mis dans l&#8217;ambiance, tout à l&#8217;heure&#8230;</p>
<p>Ludovic se mit à rougir. Il bafouilla :</p>
<p>-Je&#8230; des fois l&#8217;esprit n&#8217;arrive pas à freiner le corps, tu sais&#8230;</p>
<p>Le jeune homme éclata de rire.</p>
<p>-Un abonné des coups d&#8217;un soir qui a des principes ? C&#8217;est la meilleure, ça.</p>
<p>Ludovic lui jeta un regard agacé mais fut vite vaincu par l&#8217;éclat rieur dans les yeux de son vis-à-vis, et son sourire charmeur. Délicieusement figé par ce regard, il se sentit fondre, incapable de répondre et de se défendre. Il reprit cependant ses esprits quand Alexis l&#8217;interrogea :</p>
<p>-Tu fais quoi dans la vie ?</p>
<p>Ludovic haussa les sourcils.</p>
<p>-Je suis commercial chez un grand concessionnaire.</p>
<p>-Passionnant, commenta le jeune homme, ironique.</p>
<p>Ludovic haussa les épaules.</p>
<p>-J&#8217;y peux rien, j&#8217;ai fait une école de commerce et j&#8217;ai pris le boulot qu&#8217;on me proposait, c&#8217;est tout.</p>
<p>-Mais je ne critique pas&#8230; C&#8217;est juste que je me vois vraiment pas faire un boulot de ce genre. J&#8217;ai besoin de bouger de dépenser de l&#8217;énergie&#8230;</p>
<p>Le plus vieux s&#8217;accorda un sourire. Il lui semblait évident qu&#8217;un adolescent avec un tel besoin de plaire n&#8217;irait pas s&#8217;enfermer toute la journée dans un bureau où personne ne le verrait. Même si son boulot de commercial consistait à séduire les clients, en quelque sorte. Pour leur vendre des voitures. C&#8217;est vrai que ce n&#8217;était pas très excitant.</p>
<p>Et il lui semblait qu&#8217;Alexis préférait vendre son corps plutôt que des objets. Il grimaça à cette idée. Il fallait qu&#8217;il arrête de penser à des choses aussi horribles que la prostitution sinon son malaise ne se dissiperait jamais. Il ferma les yeux un instant et prit sur lui pour relancer la conversation en ayant l&#8217;air le plus naturel possible :</p>
<p>-Et toi&#8230; tu&#8230; fais quoi ?</p>
<p>Bon, pour le naturel c&#8217;était raté. Il se sentit rougir alors qu&#8217;Alexis souriait à côté de lui.</p>
<p>-Je me fais entretenir par mes parents, répondit-il en riant. En fait je fais une fac de lettres mais je fais le strict minimum pour avoir tout le temps que je veux pour sortir.</p>
<p>Et séduire, ajouta mentalement Ludovic. Il avait du mal à concevoir ce mode de vie des plus jeunes que lui qui à leur majorité se transformaient en animaux nocturnes se reproduisant en boîte de nuit et arrivant à la fac comme des zombies le lendemain matin. Pourtant il faut croire que ça avait quelque chose de vraiment plaisant pour qu&#8217;ils soient si nombreux à vivre ainsi.</p>
<p>Mais lui préférait l&#8217;ambiance plus calme des bars à la musique assourdissante des boîtes de nuit et aux dragues faciles conclues vite fait à l&#8217;arrière d&#8217;une voiture.</p>
<p>Même s&#8217;il ne revoyait jamais ses partenaires -il n&#8217;y avait jamais vu d&#8217;intérêt- il aimait faire les choses bien. Ne pas penser qu&#8217;à son propre plaisir, par exemple, comme le faisaient certains s&#8217;il en croyait les compliments qu&#8217;il avait reçus de certaines filles avec lesquelles il avait couché.</p>
<p>Entre hommes on échangeait pas ce genre de commentaires. Le sexe suffisait. Ludovic étouffa un juron entre ses dents alors que des images érotiques envahissaient son esprit et le rendaient incapable de répondre tant il avait peur de perdre le contrôle de lui-même.</p>
<p>Il sentait sur lui le regard d&#8217;Alexis, qui devait le trouver bien ridicule. Pourquoi un homme de son âge perdait-il tous ses moyens devant un adolescent de six ans son cadet ? Il ne trouvait lui-même pas la réponse à cette question.</p>
<p>-Ça va ?, demanda la voix soudain inquiète d&#8217;Alexis.</p>
<p>Ludovic hocha la tête et marmonna :</p>
<p>-Oui, oui&#8230; c&#8217;est juste que&#8230;</p>
<p>-Je te mets mal à l&#8217;aise à ce point ?</p>
<p>Coupé dans sa phrase, le plus vieux ne sut plus quoi dire. Il soupira et s&#8217;allongea sur le lit, se laissant tomber en arrière. Alexis se tourna vers lui en souriant.</p>
<p>-Qui ne dit mot consent, asséna-t-il d&#8217;un ton enjoué.</p>
<p>Est-ce que ça lui faisait tant plaisir qu&#8217;il ne soit plus dans son état normal à cause de lui ? Vu son sourire radieux, il fallait croire que oui. Ouvrant les yeux effrayés, il vit le jeune homme se pencher au-dessus de lui et s&#8217;appuyer de chaque côté de ses épaules avant de chevaucher son bassin Ludovic était tétanisé. Pris au piège.</p>
<p>Malgré tout, son inconscient devait bien trouver cela agréable malgré les restes de principes qui lui disaient de ne pas se laisser faire, car il était tétanisé et incapable de repousser Alexis. Celui-ci semblait beaucoup s&#8217;amuser s&#8217;il en croyait l&#8217;immense sourire qui étirait ses lèvres.</p>
<p>-Alors ? Quelque chose à ajouter pour ta défense ?</p>
<p>Ludovic respirait vite, comme si sa poitrine était opprimée. Cependant, la chaleur remontait dans son torse et une agréable langueur l&#8217;envahissait. Peu à peu, en même temps que le visage du jeune homme se rapprochait du sien, il oublia sa mauvaise conscience pour ne ressentir plus que l&#8217;agréable contact de ses lèvres sur les siennes.</p>
<p>-Tu vas voir, chuchota la voix de l&#8217;adolescent à son oreille, le faisant frémir&#8230; Laisse-toi faire, ça n&#8217;engage à rien, je suis sûr que tu vas aimer&#8230;</p>
<p>Ludovic, n&#8217;en pouvant plus, gémit et suivit son conseil, s&#8217;abandonnant à ses caresses, juste pour la nuit&#8230;</p>
<p style="text-align:center;">*</p>
<p>Le lendemain matin, quand Ludovic ouvrit les yeux, tout son corps était courbaturé et il n&#8217;y avait plus personne à ses côtés. Cela dit, ça ne l&#8217;étonna pas vraiment. Il savait avant de se laisser aller que cela n&#8217;aurait aucun caractère sérieux, et d&#8217;ailleurs ce n&#8217;était pas ce qu&#8217;il voulait. Mais le départ de l&#8217;adolescent était un peu brutal. Il avait l&#8217;habitude de discuter un peu avec ses amants, d&#8217;échanger quelques baisers encore avant la séparation qui était en générale définitive, sans pour autant que cela brise le cœur d&#8217;aucun des deux.</p>
<p>Il soupira et grimaça en se redressant. Le jeune homme l&#8217;avait chevauché à maintes reprises, les menant de ses incroyables mouvements de hanches à des orgasmes d&#8217;une puissance inouïe. Ludovic ne se souvenait même plus du nombre de fois où il avait joui. Au bout d&#8217;un moment, le plaisir était devenu si fort qu&#8217;il avait rendu tout le reste flou. Il avait fini par perdre la tête sous les assauts répétés d&#8217;Alexis et avait finalement pris le dessus, lui faisant l&#8217;amour sauvagement contre le matelas, et dans plein d&#8217;autres positions incongrues que le jeune homme lui avait fait découvrir.</p>
<p>Même si ça n&#8217;avait été, et ne resterait que du sexe, Ludovic savait qu&#8217;il n&#8217;oublierait pas cette nuit. Il aurait du le savoir dès le début d&#8217;ailleurs, au moment où les premières notes de musique avaient atteint ses oreilles. Il s&#8217;était jeté dans la toile de l&#8217;araignée en sachant qu&#8217;il ne pourrait s&#8217;en dégager qu&#8217;après avoir été mangé. Mais a partie de lui qui avait été dévorée laissait comme un vide brûlant au milieu de sa poitrine.</p>
<p>Il poussa un profond soupir, décontenancé par ces sentiments qui l&#8217;assaillaient au réveil. Cependant, alors qu&#8217;il allait repousser les draps pour se lever et se rhabiller, il entendit du bruit. De l&#8217;eau qui coule&#8230; Quelqu&#8217;un prenait-il une douche ?</p>
<p>Intrigué, il fronça les sourcils et se leva pour essayer de trouver d&#8217;où venait le bruit. Entièrement nu, il s&#8217;avança dans la petite chambre dont les rideaux étaient toujours fermés et découvrit dans le coin gauche de la pièce une porte entrouverte. Il la poussa et découvrit une petite salle de bain, blanche elle aussi équipée d&#8217;un lavabo et d&#8217;une douche derrière la porte de laquelle il distingua une silhouette. Il sourit, la forme de ce corps, il la connaissait. Il l&#8217;avait étudiée toute la nuit.</p>
<p>Il s&#8217;approcha et ouvrit d&#8217;un coup la porte vitrée et floue, faisant à peine sursauter l&#8217;occupant de la douche. Alexis, le corps trempé et à moitié savonné, se tourna vers lui et lui adressa un sourire coquin. Il le saisit par le poignet et l&#8217;attira près de lui.</p>
<p>Ludovic gémit quand son corps rencontra celui de l&#8217;adolescent, et que son sexe en train de gonfler se frotta contre celui d&#8217;Alexis. Ce dernier le fixa dans les yeux et caressa ses joues, glissa ses mains dans ses cheveux désormais mouillés par l&#8217;eau chaude, et attira son visage contre le sien. Le plus âgé retint son souffle quand leurs lèvres se touchèrent, et son bassin se pressa malgré lui contre celui de l&#8217;adolescent, dont la langue s&#8217;immisça sans aucune gène dans sa bouche, faisant langoureusement tourner la sienne.</p>
<p>Timidement, les mains de Ludovic allèrent caresser le bas du dos d&#8217;Alexis, qui prit cela pour un signal et s&#8217;empressa de saisir son sexe à pleine main, le faisant pousser un gémissement grave. Incapable de se soustraire à cette douce torture, Ludovic chercha les lèvres du jeune homme pour étouffer les grondements qui montaient de sa gorge tandis que les doigts fins et habiles s&#8217;activaient sur sa verge.</p>
<p>Plus excité que jamais, il ne tarda pas à jouir dans la main d&#8217;Alexis qui lécha ses lèvres et eut un sourire gourmand en admirant son visage déformé par l&#8217;orgasme. À bout de souffle, Ludovic gémit faiblement quand ses doigts glissèrent jusqu&#8217;à ses testicules.</p>
<p>-Je vais finir par y arriver, tu vas voir, souffla le jeune homme dans le creux de son cou.</p>
<p>-Hein ?, demanda bêtement Ludovic qui se remettait à trembler.</p>
<p>-A les vider.</p>
<p>Comprenant soudain la remarque obscène de l&#8217;adolescent, il releva la tête pour le regarder dans les yeux, et ensemble ils éclatèrent de rire.</p>
<p style="text-align:center;">*</p>
<p>Quelques minutes plus tard, après d&#8217;autres essais du jeune homme pour mener à bien cette tâche qu&#8217;il s&#8217;était confié, ils étaient tous les deux revenus dans la chambre. Ludovic, assis sur le lit et légèrement abattu, regardait Alexis se rhabiller et observait, il le savait, une dernière fois les courbes qui l&#8217;avaient tant fait vibrer la nuit passée.</p>
<p>Il savait que c&#8217;était normal qu&#8217;ils se séparent maintenant. Qu&#8217;ils avaient fait le tour de ce qu&#8217;ils pouvaient faire ensemble -et que c&#8217;était d&#8217;ailleurs très agréable. Mais il ne se faisait à l&#8217;idée que difficilement. C&#8217;était étrange, finalement, de se dire qu&#8217;après avoir partagé des moments aussi intimes, on pouvait se séparer avec juste un « au revoir », qui voulait en fait dire « adieu ».</p>
<p>Alexis, sentant son regard un peu trop triste sur lui, se tourna vers lui et lui sourit. Il le prit par la main et le força à se lever, l&#8217;entrainant avec lui vers la porte.</p>
<p>-Je vais y aller, murmura-t-il avec un sourire indulgent.</p>
<p>Ludovic hocha la tête. Il n&#8217;arrivait pas à lâcher la main dans la sienne.</p>
<p>-Tu peux prendre ton temps pour te rhabiller, et tu sortiras en claquant la porte de derrière.</p>
<p>Nouvel hochement de tête.</p>
<p>-Bon, j&#8217;y vais, sourit Alexis, sentant bien qu&#8217;il devait faire seul les efforts pour se détacher du plus vieux.</p>
<p>Tout doucement, il se hissa sur la pointe des pieds et l&#8217;embrassa délicatement sur la bouche avant de lui tourner le dos, lui adressant un dernier regard. Le jeune homme passa alors la porte et disparut dans la couloir, laissant Ludovic comme abandonné, avec la douloureuse sensation qu&#8217;on venait de lui voler un morceau de son cœur.</p>
<p>______________________</p>
<p>Un petit bonus de nouvel an, pas de la grande qualité mais assez pour vous divertir si vous n&#8217;avez pas fini de décuver et que vous ne faites absolument pas attention à ce que vous lisez xD Voilà donc une petite nouvelle pour marquer le coup, à lire puis oublier ! Bonne année à tous !</p>
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		<title>Joyeux Noel</title>
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		<pubDate>Sat, 24 Dec 2011 23:01:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>merlin4ever</dc:creator>
				<category><![CDATA[Blablatage]]></category>

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		<description><![CDATA[Joyeux Noël à tous/toutes ! J&#8217;espère que vous avez passé un bon réveillon et trouvé plein de cadeaux au pied du sapin Je n&#8217;ai pas grand chose à vous offrir pour ma part si ce n&#8217;est un truc un peu inutile mais qui me fait bien rire. Donc si vous avez un peu de temps [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=merlin4ever.wordpress.com&amp;blog=6697439&amp;post=1445&amp;subd=merlin4ever&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Joyeux Noël à tous/toutes ! J&#8217;espère que vous avez passé un bon réveillon et trouvé plein de cadeaux au pied du sapin <img src='http://s0.wp.com/wp-includes/images/smilies/icon_smile.gif' alt=':)' class='wp-smiley' /> </p>
<p>Je n&#8217;ai pas grand chose à vous offrir pour ma part si ce n&#8217;est un truc un peu inutile mais qui me fait bien rire. Donc si vous avez un peu de temps à perdre et que vous êtes assez réveillés et sobre pour lire en anglais, amusez-vous !</p>
<p><strong><a href="https://monsieurmoon.wordpress.com/">Mister Moon</a> interviewing Merlin !</strong></p>
<p><strong>Mister Moon :</strong></p>
<p>how often do you write ?</p>
<p><strong>Merlin :</strong></p>
<p>Well, I used to write every day but since I started university I have less time, so I try to write every week. But I decided to restart like before and try to write more often</p>
<p><strong>Mister Moon :</strong></p>
<p>alright ! You write about boys love, right ? Do you have to put a warning before every story ?</p>
<p><strong>Merlin :</strong></p>
<p>No, I think if people aren&#8217;t openminded enough, that&#8217;s their problem. I only put a warning about the age of the reader, because sex scenes may shock young people</p>
<p><strong>Mister Moon :</strong></p>
<p>Yeah I think so too. You didn&#8217;t have any complain anyway ?</p>
<p><strong>Merlin :</strong></p>
<p>No I never had any problem, cause I think people who look for my site know what they&#8217;re going to read</p>
<p><strong>Mister Moon :</strong></p>
<p>how many stories did you write until now ?</p>
<p><strong>Merlin :</strong></p>
<p>Woh, too many to be really precise ! I think I wrote about 10 long stories, and then many others who were shorter</p>
<p><strong>Mister Moon :</strong></p>
<p>ok ! Do they all talk about Boys love ?</p>
<p><strong>Merlin :</strong></p>
<p>No, most of my short stories talk about other subjects. I used to be part of a writing forum and we made &#8220;duels&#8221;. We had to write a text about a precise subject and following some rules. It was really instructive</p>
<p><strong>Mister Moon :</strong></p>
<p>oh, were there some jury or was it the readers who said there opinion ?</p>
<p><strong>Merlin :</strong></p>
<p>The person who wrote the subject had to put marks, about respecting or not the rules, and the impression he or she had about the text</p>
<p><strong>Mister Moon :</strong></p>
<p>ok. that&#8217;s a good stimulus ^^</p>
<p><strong>Merlin :</strong></p>
<p>Yes. It helps to have critics</p>
<p><strong>Mister Moon :</strong></p>
<p>yes, i agree. So basically, were do you take all that imagination from ?</p>
<p><strong>Merlin :</strong></p>
<p>I don&#8217;t know, most of the time it comes out of the blue ! I found my ideas in dreams, or in some &#8220;flashes&#8221; !</p>
<p><strong>Mister Moon :</strong></p>
<p>O.O are you fantasizing ?</p>
<p><strong>Merlin :</strong></p>
<p>xD No, I swear !</p>
<p><strong>Mister Moon :</strong></p>
<p>mmmh i see&#8230;. ( I knew it )</p>
<p>Your main character have nothing in commun ? do they have some similar attitude ?</p>
<p><strong>Merlin :</strong></p>
<p>No, I think every character is different. At least they are around the same age, most of the time between 30 and 35</p>
<p><strong>Mister Moon :</strong></p>
<p>you never tried to make a story with teenager ?</p>
<p><strong>Merlin :</strong></p>
<p>I wrote one, that readers love, but personally I had difficulties in writing it</p>
<p><strong>Mister Moon :</strong></p>
<p>is it because of your age ?</p>
<p><strong>Merlin :</strong></p>
<p>Maybe I can&#8217;t have enough distance with teenaged characters</p>
<p><strong>Mister Moon :</strong></p>
<p>mmmh it&#8217;s understandable.</p>
<p>Does one of your story talk about love triangle ?</p>
<p><strong>Merlin :</strong></p>
<p>Not really, I&#8217;m not interested in this kind of story. I prefer writing on only two people, maybe because I&#8217;ve never been involved in a love triangle</p>
<p><strong>Mister Moon :</strong></p>
<p>I see. But in every love story, we always are confronted to one problem : jealousy.</p>
<p><strong>Merlin :</strong></p>
<p>Yes, and I talk about this subject in some stories, but in general the person which is jealous doesn&#8217;t really has reasons to be</p>
<p><strong>Mister Moon :</strong></p>
<p>well doesn&#8217;t it makes him lovely ?</p>
<p><strong>Merlin :</strong></p>
<p>Yes, jealousy leads to reassuring and loving declarations</p>
<p><strong>Mister Moon :</strong></p>
<p>^^ do you involve women sometimes ?</p>
<p><strong>Merlin :</strong></p>
<p>Yes of course, women who are friends most of the time, but I one story a character happened to be jealous of his boyfriend&#8217;s ex, who is a woman</p>
<p><strong>Mister Moon :</strong></p>
<p>Most of your characters are not gay, are they ? well in the beginnig.</p>
<p><strong>Merlin :</strong></p>
<p>No, before they meet THE man they nearly all think they&#8217;re heterosexual. But my opinion is that in life we can&#8217;t definitely say &#8220;I&#8217;m hetero or homosexual&#8221;, because we&#8217;re all able to be appealed by someone of our sex in our life. That&#8217;s why I don&#8217;t put my characters in boxes</p>
<p><strong>Mister Moon :</strong></p>
<p>I see. Well it may be interesting to see how an &#8220;heterosexual&#8221; change little by little and fight (or not) against there will</p>
<p><strong>Merlin :</strong></p>
<p>Yes, that&#8217;s what I found interesting in writing boy&#8217;s love. Because I make love win, and not conventions</p>
<p><strong>Mister Moon :</strong></p>
<p>yes. So you&#8217;re firmly against predjudice and discrimination ?</p>
<p><strong>Merlin :</strong></p>
<p>Completely ! And if I had to choose one cause to fight for, it&#8217;ll definitely be against homophobia</p>
<p><strong>Mister Moon :</strong></p>
<p>So you write because you love it and of course to put an end of discrimination ?</p>
<p><strong>Merlin :</strong></p>
<p>Both of these reasons. With a friend, I&#8217;ve got an idea of a novel that would describe a society where being heterosexual is considered weird and untolerable, and not being homosexual. I would like this novel, if I can make it published, to make people think of what&#8217;s wrong in our society, where people can&#8217;t be who they want to be because they&#8217;re too afraid</p>
<p><strong>Mister Moon :</strong></p>
<p>That&#8217;s an interexting idea. Did you put it in internet ?</p>
<p><strong>Merlin :</strong></p>
<p>No, it&#8217;s just an idea for the moment. I don&#8217;t have enough time to write all I want but I know I&#8217;ll write this one day</p>
<p><strong>Mister Moon :</strong></p>
<p>well I&#8217;ll be waiting for this !</p>
<p><strong>Merlin :</strong></p>
<p>Thank you !</p>
<p><strong>Mister Moon :</strong></p>
<p>Thank you merlin ! ^^</p>
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		<title>Ni blanc, ni noir, juste gris-09</title>
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		<pubDate>Sun, 18 Dec 2011 09:00:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator>merlin4ever</dc:creator>
				<category><![CDATA[Ni blanc, ni noir, juste gris]]></category>
		<category><![CDATA[alistair]]></category>
		<category><![CDATA[jean]]></category>
		<category><![CDATA[observation]]></category>
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		<description><![CDATA[I Jean Chapitre 9 Jean se figea en pénétrant dans son bureau. Alistair était revenu. Le jeune homme était installé sur sa chaise, concentré sur son écran d&#8217;ordinateur. Il devait être arrivé depuis un bon moment. Il n&#8217;avait pas bougé d&#8217;un cil quand il était entré. Jean supposait qu&#8217;il l&#8217;avait parfaitement entendu arriver, mais qu&#8217;il [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=merlin4ever.wordpress.com&amp;blog=6697439&amp;post=1305&amp;subd=merlin4ever&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h1 style="text-align:center;">I</h1>
<h1 style="text-align:center;">Jean</h1>
<p style="text-align:center;"><strong>Chapitre 9</strong></p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-1306" title="chap 9" src="http://merlin4ever.files.wordpress.com/2011/04/chap-9.jpg?w=500&#038;h=375" alt="" width="500" height="375" /></p>
<p>Jean se figea en pénétrant dans son bureau. Alistair était revenu. Le jeune homme était installé sur sa chaise, concentré sur son écran d&#8217;ordinateur. Il devait être arrivé depuis un bon moment. Il n&#8217;avait pas bougé d&#8217;un cil quand il était entré.</p>
<p>Jean supposait qu&#8217;il l&#8217;avait parfaitement entendu arriver, mais qu&#8217;il l&#8217;ignorait ostensiblement. Il l&#8217;observa quelques secondes, puis se racla la gorge. Il ne reçut pas de réponse, Alistair ne bougeant pas, parfaitement immobile. Comprenant qu&#8217;il n&#8217;en tirerait rien -du moins pour le moment- Jean poussa un soupir et se résigna. Il s&#8217;avança un peu plus dans la pièce, accrocha sa veste au porte-manteau puis alla se placer à son bureau.</p>
<p>Tout en allumant son ordinateur, il continua à observer son jeune collègue. Celui-ci avait l&#8217;air complètement hermétique à sa présence. Jean tenta de déceler des signes qui démontreraient un certain trouble, mais le visage du jeune homme était définitivement impassible. Poker face, comme il avait appris à dire avec le temps.</p>
<p>Il ne parvenait pas vraiment à analyser l&#8217;attitude d&#8217;Alistair. Ce dernier devait, certes, le détester, mais il n&#8217;aurait pas imaginé qu&#8217;il puisse agir comme s&#8217;il n&#8217;existait pas. Et puis, s&#8217;il y réfléchissait bien, Alistair ne l&#8217;aurait pas embrassé s&#8217;il n&#8217;en avait pas eu un peu envie. S&#8217;il n&#8217;avait vraiment eu d&#8217;autre but que de le faire taire, il aurait très bien pu le gifler ou même s&#8217;en aller pour ne plus l&#8217;entendre. Or il l&#8217;avait embrassé, répondant à sa provocation. Cela voulait donc dire qu&#8217;il était attiré par lui un minimum. Alors pourquoi l&#8217;ignorer s&#8217;il lui plaisait ? Était-il si fier que ça ?</p>
<p>Sans doute, oui. Il devait bien admettre que lui-même ne savait pas s&#8217;il aurait accepté de reparler à Alistair tout de suite. Ils auraient sûrement besoin d&#8217;un peu de temps tous les deux. Du temps pour réfléchir à comment ils en étaient arrivés là, et ce qu&#8217;ils voulaient faire de leur relation. Le choix n&#8217;était pas très évident, cependant. Ils pouvaient rester ainsi, à une froide relation de collègues de bureau ne s&#8217;adressant plus la parole. Ou se réconcilier et être un peu plus aimables l&#8217;un envers l&#8217;autre, tout en oubliant ce qu&#8217;il s&#8217;était passé entre eux. Ou bien&#8230; Il ne savait pas trop.</p>
<p>Il poussa un nouveau soupir et se mit au travail. De temps en temps, il jetait un coup d&#8217;oeil à Alistair qui, lui, ne le regardait jamais. Il semblait bien déterminé à l&#8217;ignorer. Jean haussa les épaules. Il avait toute la journée pour trouver comment se comporter avec lui.</p>
<p>Une heure plus tard environ, il prit la décision de le tester un peu. Puisqu&#8217;Alistair semblait si indifférent à sa présence, il allait tenter de l&#8217;énerver, pour obtenir une réaction.</p>
<p>Il commença par fredonner un air qu&#8217;il avait récemment entendu à la radio. Mais la musique ne fit pas broncher le jeune homme. C&#8217;est même Jean qui finit par être agacé par cette mélodie. Résigné, il arrêta et fronça les sourcils, cherchant un autre moyen de faire plier Alistair. Ils auraient, de toute façon, besoin de s &#8216;adresser la parole à un moment où un autre. Autant s&#8217;y remettre le plus tôt possible. Il réfléchit rapidement pour trouver autre chose à faire, se remémorant toutes les fois où il avait pu voir quelqu&#8217;un s&#8217;énerver, et la cause de cette colère. Finalement, une seconde idée lui vint et lui soutira un sourire. Plutôt satisfait, il se remit au travail. La seule différence fut qu&#8217;il s&#8217;appliqua à décrire à voix basse chaque action qu&#8217;il effectuait, comme le font certaines personnes qui ont tendance à parler toutes seules. C&#8217;était quelque chose qui, en général, portait assez facilement sur les nerfs.</p>
<p>Il marmonna donc régulièrement, pestant un peu plus fort de temps en temps, lorsque son ordinateur ne faisait pas ce qu&#8217;il voulait. Il prit, bien entendu, grand soin d&#8217;examiner chaque réaction d&#8217;Alistair, l&#8217;observant de derrière son écran. Et cette fois-ci, le résultat fut encourageant. Au bout de quelques minutes, il vit Alistair froncer les sourcils, cependant il resta en apparence concentré sur son travail. Il aurait donc très bien pu être seulement contrarié par un quelconque problème informatique. Mais peu après, Jean remarque que la poitrine du jeune homme se soulevait amplement, signe qu&#8217;il respirait fort et pourtant Alistair restait tellement silencieux que, s&#8217;il ne l&#8217;avait pas regardé, Jean ne se serait rendu compte de rien. Il en conclut que son jeune collègue ne voulait pas lui donner le plaisir de savoir qu&#8217;il avait réussi à l&#8217;énerver.</p>
<p>Sourire aux lèvres, Jean continua à travailler tout en commentant dans un murmure ce qu&#8217;il faisait. Il trouvait la situation très amusante. Après tout, Alistair l&#8217;avait profondément bouleversé ces derniers jours. En le titillant un peu, il ne faisait que lui rendre la monnaie de sa pièce. Il ne sut pas exactement combien de temps dura ce petit manège mais au bout de plusieurs minutes, alors qu&#8217;il commençait à perdre espoir, un bruit lui parvint. Sans lever la tête, il tendit l&#8217;oreille et comprit que son collègue venait de pousser un soupir. Il ne pouvait pas deviner s&#8217;il en était la cause, mais rien que l&#8217;imaginer étira ses lèvres d&#8217;un mince sourire. Il ne s&#8217;arrêta pas pour autant et, enfin, quelques secondes plus tard, fut récompensé.</p>
<p>Alistair se racla la gorge. Sans aucun doute, cette fois, il s&#8217;adressait à lui. Jean réprima un sourire moqueur et releva la tête vers le jeune homme en tentant d&#8217;adopter une expression polie. Leurs regards se croisèrent et les joues d&#8217;Alistair rosirent de façon imperceptible, ce qui amusa beaucoup Jean. Le jeune homme fronça les sourcils, sans doute plus pour masquer sa gêne que pour manifester son énervement.</p>
<p>Jean prit le parti de feindre l&#8217;innocence.</p>
<p>-Oui ?, demanda-t-il d&#8217;une voix posée.</p>
<p>Alistair, visiblement nerveux, inspira profondément avant de se lancer :</p>
<p>-Pourriez-vous faire moins de bruit, s&#8217;il vous plait ?</p>
<p>Ses paroles étaient saccadées. Il n&#8217;était pas à l&#8217;aise. Jean haussa les sourcils, jouant la surprise, puis sourit d&#8217;un air indulgent.</p>
<p>-Bien sûr. Navré de vous avoir dérangé.</p>
<p>Une fois de plus, ses excuses hypocrites durent porter sur les nerfs d&#8217;Alistair qui serra les dents mais ne répondit rien. Silencieusement, il rompit le contact visuel et se remit au travail. Jean devina qu&#8217;il s&#8217;était empêché de parler pour éviter de s&#8217;énerver et que cela dérape comme l&#8217;avant-veille. Pourtant, il se l&#8217;avouait maintenant, cela ne l&#8217;aurait pas dérangé.</p>
<p>Après ce bref échange, il décida d&#8217;accorder un peu de répit au jeune homme. Puisqu&#8217;il ne semblait pas refuser catégoriquement de lui adresser la parole, il était inutile d&#8217;insister. Et puis, lui-même avait besoin de se donner un peu de temps pour savoir ce qu&#8217;il voulait faire de cette situation.</p>
<p>À l&#8217;heure du repas, il attendit de voir ce qu&#8217;Alistair allait faire pour lui-même prendre une décision.aux alentours de midi, le jeune homme mit son ordinateur en veille et se leva. Jean ne bougea pas, ne souhaitant pas le mettre mal à l&#8217;aise ou le faire réagir en fonction de lui. Il avait décidé de le laisser tranquille un moment, et de l&#8217;observer pour essayer de le cerner un peu mieux. Il est vrai qu&#8217;il ne savait pas grand chose du jeune homme. En quelques mois passés ensemble, il n&#8217;avait pratiquement rien appris sur lui. Il ne savait rien de sa vie, de ses habitudes, de ce qu&#8217;il aimait faire&#8230; Et ne savait donc pas comment ils pourraient trouver un terrain d&#8217;entente.</p>
<p>Quand Alistair eut quitté la pièce il se prépara à son tour et se rendit à la cantine. Il prépara son plateau et rejoignit Patrick à une table. Cela faisait un moment qu&#8217;il n&#8217;avait pas parlé d&#8217;Alistair avec lui mais il supposait que, comme tout le monde, il était au courant du froid qui régnait entre eux et qu&#8217;il n&#8217;aborderait pas le sujet.</p>
<p>Il salua donc son collègue et s&#8217;assit en face de lui. Il resta muet un moment, cherchant Alistair du regard dans la grande salle. Il le vit assis à une table avec un groupe d&#8217;une dizaine de personnes. Cela l&#8217;étonna car en général le jeune homme était à l&#8217;écart, ne préférant sans doute pas se mêler aux autres alors qu&#8217;il n&#8217;avait pas de sympathie pour eux. Pourtant, il semblait à l&#8217;aise parmi ces collègues.</p>
<p>Jean le vit discuter avec plusieurs d&#8217;entre eux, prendre part à une conversation qui semblait passionner tous les participants. Lorsqu&#8217;Alistair se mit à rire, Jean se figea. C&#8217;était la première fois qu&#8217;il ne voyait arborer plus qu&#8217;un demi-sourire. Et il ne se souvenait pas l&#8217;avoir vu faire plus d&#8217;une ou deux fois. Le voir rire, c&#8217;était comme découvrir quelqu&#8217;un d&#8217;autre. Il l&#8217;observa longuement, comme fasciné par le visage du jeune homme qui se présentait à lui sous un jour nouveau.</p>
<p>Patrick dut s&#8217;inquiéter de le voir si troublé, et l&#8217;interpella :</p>
<p>-Jean ?</p>
<p>L&#8217;intéressé se détourna vivement de sa contemplation pour faire face à son collègue. Il eut un geste nonchalant de la main pour lui faire comprendre qu&#8217;il n&#8217;y avait rien de grave. Il engagea la conversation en questionnant Patrick sur sa vie privée, se souciant peu de ce sujet mais désirant ne pas paraître trop préoccupé. Il écouta son collègue en feignant l&#8217;attention, jetant de temps à autre un coup d&#8217;oeil vers Alistair pour ne rien rater de ce qu&#8217;il souhaitait apprendre sur le jeune homme. Il eut donc du mal suivre le monologue de son vis-à-vis, répondant seulement par des hochements de tête et des sourires neutres.</p>
<p>Le temps du repas lui sembla long, et il finit par regretter de ne pas avoir mangé seul. Il parvint enfin à quitter la salle pour retourner dans son bureau. Alistair, évidemment, était déjà au travail. Jean le toisa quelques secondes puis regagna sa place. La journée n&#8217;était pas finie.</p>
<p>Elle prit fin lorsque son jeune collègue se leva de sa chaise et se prépara à quitter les lieux. Jean le suivit du regard jusqu&#8217;à ce qu&#8217;il sorte, puis éteignit son propre ordinateur et rassemble ses affaires, et pressa le pas quand il aperçut Alistair traverser le hall. Il le suivit jusque là, marchant à son rythme pour ne pas le rattraper. Lorsqu&#8217;ils furent sortis, il s&#8217;arrêta sur les marches et suivit le jeune homme du regard, l&#8217;observant remonter la rue jusqu&#8217;à une petite voiture rouge, puis démarra et s&#8217;en aller. Quand il eut disparu de son champ de vision, Jean poussa un petit soupir et se dirigea vers sa propre voiture.</p>
<p>Une fois chez lui, il vérifia que Florence n&#8217;était pas repassée mais encore une fois, rien ne signalait sa présence. Tout cela le laissait indifférent.</p>
<p>Il n&#8217;alluma pas la télé, n&#8217;écouta pas de musique et ne but même pas. Il n&#8217;avait pas envie de faire grand chose. Alors qu&#8217;il mangeait, il commença à réfléchir aux tactiques qu&#8217;il pourrait mettre en place. Il lui fallait briser la glace entre lui et le jeune homme, s&#8217;il voulait faire évoluer leur relation.</p>
<p>Il devait apprendre à connaître bien mieux son collègue, pour savoir ce qui le touchait, et par quels moyens remonter dans son estime, où il avait du faire une chute vertigineuse.</p>
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		<title>Chocolat, chantilly et autres sucreries-22</title>
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		<pubDate>Sun, 04 Dec 2011 09:00:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator>merlin4ever</dc:creator>
				<category><![CDATA[Chocolat, chantilly et autres sucreries]]></category>
		<category><![CDATA[Alix]]></category>
		<category><![CDATA[chambre]]></category>
		<category><![CDATA[Damien]]></category>
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		<description><![CDATA[Damien poussa un soupir et grimaça en se relevant. Il avait mal aux genoux. Dire que c&#8217;est lui qui avait gentiment proposé de s&#8217;occuper du bas des murs, pour que les autres ne se fassent pas mal au dos&#8230; L&#8217;arrivée d&#8217;Alix dans leur vie, dans leur maison, avait immédiatement impliqué beaucoup de changements. Très vite, [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=merlin4ever.wordpress.com&amp;blog=6697439&amp;post=1309&amp;subd=merlin4ever&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="aligncenter size-full wp-image-1310" title="ch22" src="http://merlin4ever.files.wordpress.com/2011/05/ch22.jpg?w=500" alt=""   /></p>
<p>Damien poussa un soupir et grimaça en se relevant. Il avait mal aux genoux. Dire que c&#8217;est lui qui avait gentiment proposé de s&#8217;occuper du bas des murs, pour que les autres ne se fassent pas mal au dos&#8230;</p>
<p>L&#8217;arrivée d&#8217;Alix dans leur vie, dans leur maison, avait immédiatement impliqué beaucoup de changements. Très vite, ils s&#8217;étaient rendus compte que la chambre de Damien ne pouvait pas accueillir les deux jeunes gens. Ils avait donc décidé de la refaire. Entièrement. Ils avaient entassé les meubles où ils avaient pu, sur le pallier et dans un coin du salon. Puis était venu le temps de la réflexion : comment s&#8217;organiser pour loger Damien et Alix dans la même pièce ?</p>
<p>L&#8217;évidence s&#8217;était imposée à eux, bien évidemment. Un lit deux places. Mais la gêne qui avait suivi à la découverte brutale de leur couple régnait encore entre Damien, Alix et ses parents, et aucun des deux jeunes gens n&#8217;avait eu le courage de proposer cette idée. Damien s&#8217;était résigné à chercher une autre solution, moins pratique et plus contraignante sans doute, mais moins choquante pour ses parents. Et pourtant&#8230; Il s&#8217;en souvenait encore. C&#8217;était quelques jours plus tôt.</p>
<p>Alix était sorti réviser devant la maison et il allait le rejoindre quand sa mère l&#8217;appela :</p>
<p>-Damien ?</p>
<p>Il se retourna vers elle, et comme elle lui faisait signe de s&#8217;approcher, la rejoignit. Elle était assise sur le canapé, à côté de son père, et Damien décida de rester debout, se tenant devant eux. Depuis qu&#8217;ils savaient qu&#8217;il sortait avec Alix, il avait du mal à les regarder dans les yeux, à rester seul avec eux. À leur faire face maintenant qu&#8217;ils savaient la vérité.C&#8217;était idiot, il savait qu&#8217;ils ne pouvaient lui en vouloir de leur avoir caché cela, qu&#8217;ils comprenaient qu&#8217;il ne savait pas comment leur dire&#8230;</p>
<p>Sa mère croisa ses mains sur ses genoux et lui sourit. Il avait l&#8217;impression qu&#8217;elle non plus n&#8217;était pas à l&#8217;aise.</p>
<p>-Tu sais, on a réfléchi&#8230; pour la chambre. Et on pense que la meilleure solution ça serait que tu&#8230; qu&#8217;Alix et toi&#8230; qu&#8217;on vous achète un grand lit.</p>
<p>Elle prit une inspiration alors que Damien retenait son souffle, les yeux écarquillés, n&#8217;osant pas y croire.</p>
<p>-Qu&#8217;est-ce que tu en penses ?, demanda son père.</p>
<p>Le jeune homme sourit.</p>
<p>-J&#8217;y avais pensé mais&#8230; j&#8217;osais pas vous demander.</p>
<p>Sa mère prit une expression attristée et se leva pour le prendre dans ses bras.</p>
<p>-Voyons mon lapin, tu sais bien que tu peux tout nous dire&#8230; On n&#8217;est pas si prudes que ça tout de même !</p>
<p>Il sourit en reconnaissant là l&#8217;humour de sa mère. Si elle se remettait à plaisanter, cela voulait dire que tout allait bien, non ?</p>
<p>Elle lui tendit une main et il frappa dedans.</p>
<p>-Tope-là.</p>
<p>A vrai dire, il n&#8217;en revenait toujours pas que ses parents lui aient proposé une chose pareille. C&#8217;était comme admettre qu&#8217;il fasse des cochonneries avec son copain dans un lit qu&#8217;ils leur auraient acheté, dans leur maison, à peine un étage en-dessous. Mais après tout, si cela ne les gênait pas, pourquoi se priver ? À cette idée, un léger sourire lui échappa.</p>
<p>-Damien, pousse-toi, tu me gênes !</p>
<p>L&#8217;intéressé fut légèrement bousculé et se retourna vers Alix qui venait de lui crier dessus.</p>
<p>-Non mais dis-donc, toi, sois poli !, s&#8217;amusa-t-il en poussant à son tour son petit-ami. Tu es toléré ici, je te rappelle !</p>
<p>Alix eut une légère moue boudeuse, qu&#8217;il s&#8217;empressa de couvrir de sa bouche. Il ne l&#8217;embrassa pas longtemps, et se retourna vite pour vérifier que son père ne les avait pas vus. Celui-ci, sur l&#8217;escabeau, leur tournait le dos et semblait très occupé à passer la sous-couche blanche sur le haut du mur. Damien et Alix échangèrent un regard complice. Puis ils se remirent au travail, n&#8217;ayant pas vraiment d&#8217;autre possibilité. Damien vida un nouveau pot de peinture dans le bac et, rouleau à la main, ils attaquèrent le mur du fond.</p>
<p>Dans l&#8217;après-midi, un livreur passa déposer la mezzanine que ses parents avaient commandé. C&#8217;était la solution qu&#8217;ils avaient trouvé pour caser un lit deux places dans la chambre de Damien sans y perdre trop de place. Ainsi, ils pourraient même en gagner, en casant son bureau sous la mezzanine et le canapé à la place de son lit. Ils avaient décidé d&#8217;y installer la bibliothèque d&#8217;Alix, à défaut de son bureau. Le bac étant passé, aucun des deux jeunes gens n&#8217;avait vraiment besoin de travailler, à vrai dire.</p>
<p>Ils avaient d&#8217;ailleurs reçu les résultats, depuis le temps. Alix s&#8217;en était particulièrement bien sorti, avec des 16 et des 17, et Damien récoltait une mention bien avec une moyenne avoisinant les 15. il était plutôt fier de lui, et tout le monde avait également félicité Alix qui était devenu plus rouge qu&#8217;une tomate bien mûre. Damien était content de ces résultats, car ils montraient au jeune homme qu&#8217;il valait plus qu&#8217;il ne le croyait.</p>
<p>Ces derniers jours, il avait l&#8217;impression qu&#8217;Alix retrouvait le sourire. Ses parents avaient autorisé Salomé à lui téléphoner, et entendre la voix de sa petite sœur avait fait énormément de bien au jeune homme. Damien l&#8217;avait même surpris avec les larmes aux yeux lorsqu&#8217;il lui avait passé le combiné, et il l&#8217;avait laissé seul le temps de la conversation, ayant l&#8217;impression qu&#8217;il aurait violé une scène trop intime s&#8217;il était resté avec lui. La force du lien qui unissait Alix et sa sœur l&#8217;avait toujours surpris, agréablement bien sûr, même s&#8217;il ressentait parfois un pincement au cœur de ne jamais avoir connu ce genre de sentiment.</p>
<p>Il avait été accepté à la fac qu&#8217;il avait demandée, et ses parents s&#8217;étaient chargé de lui trouver un appartement sur place. Damien se sentait mal à l&#8217;idée de partir, maintenant qu&#8217;Alix était installé chez lui. Le jeune homme serait inscrit au lycée de sa ville, pour son année de Terminale, et lui allait partir dans une ville loin de lui, vivre seul, et le laissant avec ses parents. Il culpabilisait de l&#8217;abandonner ainsi, même s&#8217;il n&#8217;avait pas vraiment le choix, et en même temps était un peu jaloux de ses parents qui allaient voir Alix tous les jours, s&#8217;en occuper comme de leur fils. Alors que lui ne les verrait, Alix comme ses parents, que le week-end.</p>
<p>Cette constatation lui laissait un goût amer dans la bouche. Comme si ses parents avaient pris un fils de remplacement en sachant qu&#8217;il allait partir. C&#8217;était idiot, bien sûr. Complètement con et égoïste de sa part, alors qu&#8217;il n&#8217;était pas le seul à souffrir. Mais il avait depuis longtemps compris que les sentiments humains n&#8217;avaient rien de rationnel, et il ne pouvait que se dire que ça lui passerait.</p>
<p>En fin de journée, Damien, son père et Alix échangèrent un regard satisfait. Ils avaient entièrement repeint la chambre qui serait désormais celle des deux jeunes hommes, dans des tons de vert, et avaient monté la mezzanine qu&#8217;ils avaient laissée au centre de la pièce en attendant que la peinture sèche. Ils pouvaient être fiers du travail abattu dans la journée. Le père de Damien leur adressa un sourire puis leur lança :</p>
<p>-Bon, maintenant qu&#8217;on a bien bossé, je vais demander à la femme de la maison de nous concocter un petit remontant ! Vous descendez ?</p>
<p>-Oui, on arrive, assura Damien.</p>
<p>Dès que son père eut quitté la pièce, il ôta son T-shirt, crevant de chaud, et s&#8217;assit à même le sol en poussant un profond soupir. Alix lui lança un regard amusé.</p>
<p>-Et ben, il en faut peu pour t&#8217;épuiser !</p>
<p>Le plus vieux lui fit signe de s&#8217;approcher et, dès qu&#8217;il fut à portée de main, le saisit derrière les genoux et le fit tomber à califourchon sur lui. Il glissa ses mains sous son T-shirt, faisant rougir le jeune homme, et murmura dans son oreille :</p>
<p>-Crois-moi, dès que j&#8217;aurais récupéré des forces, on étrennera ce nouveau lit !</p>
<p>Alix eut une moue dubitative.</p>
<p>-En espérant qu&#8217;il ne grince pas trop&#8230; Sinon tes parents vont s&#8217;en mordre les doigts !, ajouta-t-il en riant.</p>
<p>-Ils l&#8217;auront bien mérité, c&#8217;est eux qui ont eu l&#8217;idée, rétorqua Damien en remontant ses mains dans son dos.</p>
<p>Alix frissonna et leurs regards se croisèrent. Leurs visages se rapprochèrent et ils s&#8217;embrassèrent doucement, tendrement. Quand, malgré eux, le baiser devint plus fiévreux, Damien mit le hola et s&#8217;éloigna un peu de son petit-ami, posant son front contre le sien.</p>
<p>-Tu te souviens que mon père nous attend en bas ?</p>
<p>-Ah&#8230; c&#8217;est bizarre, mais j&#8217;avais oublié.</p>
<p>Ils échangèrent un sourire coquin puis se relevèrent.</p>
<p>Plus tard dans la soirée, après avoir pris le repas en compagnie des parents de Damien, regardé un film avec eux, et discuté encore un peu, ils déboulèrent en riant doucement dans la nouvelle chambre. Leur chambre. Ils n&#8217;en pouvaient plus, avaient trop attendu toute la soirée qui s&#8217;était éternisée, comme si les parents du plus vieux avaient voulu les empêcher d&#8217;en profiter.</p>
<p>Riant toujours, Alix recula vers l&#8217;échelle de la mezzanine, le regard planté dans celui de Damien qui s&#8217;avançait lentement vers lui, un sourire prédateur sur les lèvres. Finalement, alors qu&#8217;il allait s&#8217;approcher pour embrasser son petit-ami, celui-ci se retourna et se mit à monter l&#8217;échelle le plus vite possible pour lui échapper. Damien le saisit par les jambes et le fit redescendre de force avant de le plaquer contre lui et d&#8217;exiger un baiser.</p>
<p>Ils restèrent un long moment au bas de l&#8217;échelle, se déshabillant lentement. Plus tard, alors qu&#8217;ils seraient enfin nus l&#8217;un contre l&#8217;autre et installés sur le matelas, en haut, ils purent vérifier avec plaisir que ce nouveau lit ne grinçait pas.</p>
<p>_______________________________</p>
<p>Et ben, un chapitre qui passe mieux que les autres ! Pas plus long que d&#8217;habitude, mais j&#8217;ai moins souffert en l&#8217;écrivant xD (oui, je sais, vous vous en foutez que je souffre, ingrates). Bref, plus que deux chapitres à cette histoire, finalement je l&#8217;aurais terminée, eh oui, et maintenant plus jamais je fais d&#8217;histoire sur des ados ! A pluche !</p>
<br />Classé dans:<a href='http://merlin4ever.wordpress.com/category/histoires-en-cours/chocolat-chantilly-et-autres-sucreries/'>Chocolat, chantilly et autres sucreries</a>  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/merlin4ever.wordpress.com/1309/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/merlin4ever.wordpress.com/1309/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/merlin4ever.wordpress.com/1309/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/merlin4ever.wordpress.com/1309/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/merlin4ever.wordpress.com/1309/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/merlin4ever.wordpress.com/1309/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/merlin4ever.wordpress.com/1309/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/merlin4ever.wordpress.com/1309/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/merlin4ever.wordpress.com/1309/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/merlin4ever.wordpress.com/1309/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/merlin4ever.wordpress.com/1309/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/merlin4ever.wordpress.com/1309/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/merlin4ever.wordpress.com/1309/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/merlin4ever.wordpress.com/1309/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=merlin4ever.wordpress.com&amp;blog=6697439&amp;post=1309&amp;subd=merlin4ever&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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		<title>Paris-26</title>
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		<pubDate>Sun, 20 Nov 2011 09:00:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator>merlin4ever</dc:creator>
				<category><![CDATA[Paris, une histoire de parking]]></category>
		<category><![CDATA[etienne]]></category>
		<category><![CDATA[fin]]></category>
		<category><![CDATA[hôpital]]></category>
		<category><![CDATA[paris]]></category>
		<category><![CDATA[paul]]></category>

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		<description><![CDATA[Etienne se réveilla dans un brouillard total. Il avait envie de vomir et une douleur lancinante irradiait l&#8217;arrière de son crâne. Son cerveau eut du mal à se souvenir de tout ce qu&#8217;il s&#8217;était passé. Puis peu à peu, il revit sa dispute avec Paul, le ton montant, et sa chute&#8230; Ébloui par une forte [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=merlin4ever.wordpress.com&amp;blog=6697439&amp;post=1344&amp;subd=merlin4ever&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="aligncenter size-full wp-image-1345" title="chap 26" src="http://merlin4ever.files.wordpress.com/2011/05/chap-26.jpg?w=500&#038;h=332" alt="" width="500" height="332" /></p>
<p>Etienne se réveilla dans un brouillard total. Il avait envie de vomir et une douleur lancinante irradiait l&#8217;arrière de son crâne. Son cerveau eut du mal à se souvenir de tout ce qu&#8217;il s&#8217;était passé. Puis peu à peu, il revit sa dispute avec Paul, le ton montant, et sa chute&#8230;</p>
<p>Ébloui par une forte lumière blanche, il ne parvint pas tout de suite à distinguer où il était. Il comprit qu&#8217;il était allongé, et vit d&#8217;autres lits autour de lui. Finalement, il reconnut une salle de réveil. Il était à l&#8217;hôpital.</p>
<p>Il fronça les sourcils et tenta de se relever en s&#8217;appuyant sur un coude mais un homme en blanc se précipita vers lui pour l&#8217;empêcher de bouger plus. Etienne écouta le plus attentivement possible ce que lui disait le médecin mais, son esprit embrumé, il eut du mal à suivre. Il comprit que le choc sur son crâne avait provoqué un hématome qu&#8217;il avait fallu opérer immédiatement. Il remarqua qu&#8217;on avait rasé ses cheveux. L&#8217;autre homme eut un sourire gêné et tenta de le rassurer en lui suggérant que cela repousserait vite. Etienne haussa les épaules. Après tout, il avait déjà de la chance de ne pas avoir été fauché par la rame de métro suivante. Il supposait que le conducteur avait été prévenu à temps pour l&#8217;arrêter avant de lui passer sur le corps&#8230; L&#8217;idée le fit frissonner.</p>
<p>On le conduisit dans une chambre isolée pour lui permettre de se reposer. Il était de toute façon acquis qu&#8217;il ne pourrait pas rentrer chez lui avant plusieurs jours, avec ce genre de traumatisme. Chez lui&#8230; Soudain, il pensa à Marion, Oscar et Philippe qui devaient être sans nouvelles de lui et morts d&#8217;inquiétude. Il se redressa dans son lit et héla l&#8217;infirmière qui s&#8217;apprêtait à le laisser seul :</p>
<p>-Mademoiselle !</p>
<p>Elle se retourna vers lui et l&#8217;interrogea du regard, tout en se rapprochant.</p>
<p>-Je&#8230; je vis avec trois personnes, mes colocataires, est-ce que&#8230; Il faut les appeler&#8230;</p>
<p>-Messieurs Rathenaud et Péret, et Mademoiselle Héront ? Ils ont été prévenus, ne vous inquiétez pas.</p>
<p>Etienne poussa un soupir de soulagement.</p>
<p>-Ils ont demandé à vous voir, ajouta-t-elle, mais nous leur avons conseillé d&#8217;attendre que vous soyez un peu rétabli.</p>
<p>Il écarquilla les yeux. Pourquoi voulait-on le forcer à rester seul dans un moment pareil ?</p>
<p>-S&#8217;il vous plait&#8230; Laissez-les venir&#8230;</p>
<p>-Je ne peux pas Monsieur&#8230; Vous n&#8217;êtes pas en état&#8230;</p>
<p>-S&#8217;il vous plait&#8230;</p>
<p>Sa voix se brisa involontairement sur ces mots, et il vit que la jeune femme avait pitié de lui. Elle poussa un soupir résigné.</p>
<p>-Bon, je vais me débrouiller&#8230; Mais reposez-vous en attendant !</p>
<p>Il hocha la tête, reconnaissant. Alors que l&#8217;infirmière passait la porte, il l&#8217;interpella à nouveau :</p>
<p>-Mademoiselle ?</p>
<p>-Quoi encore ?</p>
<p>-Merci.</p>
<p>Elle eut un sourire indulgent, puis sortit.</p>
<p>*</p>
<p>-Titi !</p>
<p>Etienne ne put s&#8217;empêcher de sourire, amusé de voir que même dans les situations les plus graves, ses amis persistaient à l&#8217;affubler de ce surnom enfantin. Philippe se précipita vers lui et se jeta à moitié sur lui, faisant fi de l&#8217;infirmière qui lui ordonnait de se calmer. Le jeune homme finit par acquiescer sous la menace de ne pas pouvoir rester auprès de lui. Quand la femme les eut laissés tous les quatre, Philippe sembla se calmer. Il s&#8217;assit sur le bord du lit tandis que Marion et Oscar rapprochaient deux chaises. Le jeune homme lui adressa un sourire triste et lui prit la main avant de lui demander d&#8217;une voix douce :</p>
<p>-Ça va ?</p>
<p>Etienne hocha la tête.</p>
<p>-Je suis un peu cabossé mais rien d&#8217;irréversible.</p>
<p>Philippe eut un sourire narquois avant de lui lancer :</p>
<p>-Si déjà l&#8217;extérieur est en état, c&#8217;est pas mal, mais moi ce qui m&#8217;intéresse c&#8217;est de savoir comment ça va dans cette caboche, rectifia-t-il en lui tapant légèrement sur le crâne.</p>
<p>L&#8217;intéressé haussa les épaules.</p>
<p>-Tu sais, j&#8217;ai pas encore eu le temps de déprimer depuis que je suis là.</p>
<p>Le regard de Philippe se fit plus grave. Ils restèrent quelques secondes les yeux dans les yeux puis le jeune homme finit par lui sourire. Il lui donna une pichenette sur le front puis se leva et prit une chaise comme les deux autres. Marion quitta un instant la sienne pour venir l&#8217;embrasser sur la joue et le serrer dans ses bras. Alors qu&#8217;elle le tenait contre elle, elle gronda près de son oreille :</p>
<p>-La prochaine fois que tu me fais une frayeur pareille et que tu t&#8217;en sors, je te finis moi-même, c&#8217;est clair ?</p>
<p>Etienne éclata de rire. Avec le peu de force qu&#8217;il lui restait, il prit à son tour son amie dans ses bras, essayant maladroitement de lui témoigner sa reconnaissance. Il n&#8217;arrivait pas à mesurer tout ce qu&#8217;il leur devait, à ces trois-là. Sans doute trop pour qu&#8217;il pût s&#8217;en rendre compte.</p>
<p>Marion retourna s&#8217;asseoir et Etienne écouta ses amis lui raconter tout ce qu&#8217;il s&#8217;était passé après son accident, comment ils avaient été prévenus puis avaient eux-même cherché à joindre tout le monde. Il fut étonné d&#8217;apprendre qu&#8217;ils avaient même appelé ses parents, dont il n&#8217;avait pas de nouvelles depuis une éternité. Philippe, qui les avait eus au téléphone, lui apprit qu&#8217;ils avaient promis de passer le voir dans la semaine. Cette nouvelle parvint à lui arracher un sourire.</p>
<p>Cependant, alors qu&#8217;ils lui énonçaient la liste de tous les gens qu&#8217;ils avaient contacté, il remarqua qu&#8217;un nom manquait à l&#8217;appel, et c&#8217;était le plus important. Son cœur se serra tandis qu&#8217;il se remémorait les derniers instants qu&#8217;il avait passés avec le jeune homme. Vue la tournure que tout cela avait pris, il n&#8217;avait plus rien à espérer maintenant. Il ne lui restait plus que des souvenirs. Malgré lui, ses yeux se remplirent de larmes et il n&#8217;eut d&#8217;autre choix que de mettre une main devant ses yeux pour les cacher à ses amis. Qui ne furent pas dupes, comme il aurait du s&#8217;en douter.</p>
<p>-C&#8217;est l&#8217;autre idiot qui te fait pleurer ?</p>
<p>Etienne essuya ses larmes du dos de la main et releva la tête vers Philippe, les yeux grands ouverts, incrédule. Il vit son ami froncer les sourcils puis tirer son portable de la poche de son jean et en regarder l&#8217;écran, tout en marmonnant :</p>
<p>-De toute façon, il ne devrait pas tarder à arriver.</p>
<p>Etienne se redressa brusquement dans son lit et balbutia :</p>
<p>-Que&#8230; quoi ?</p>
<p>-T&#8217;occupe, lui rétorqua le jeune homme.</p>
<p>Le plus vieux fronça les sourcils. Il ne comprenait rien. De qui parlait-il ? Personne ne semblait disposé à lui donner d&#8217;explications.</p>
<p>Il vit Philippe sourire légèrement et ranger son portable quand des bruits de voix se firent entendre de l&#8217;autre côté de la porte de sa chambre. Le jeune homme regarda tour à tour Marion et Oscar qui hochèrent la tête et se levèrent. Philippe fit de même puis daigna enfin s&#8217;adresser à lui :</p>
<p>-Bon, on va te laisser.</p>
<p>Etienne arqua les sourcils, perdu.</p>
<p>-Mais&#8230; déjà ? Pourquoi ?</p>
<p>Philippe lui sourit.</p>
<p>-On a déjà du faire le forcing pour venir te voir alors je doute que les médecins laissent entrer une quatrième personne.</p>
<p>-Une quatrième&#8230;</p>
<p>Il ne voulait pas comprendre. Son ami se dirigea vers la porte qui s&#8217;ouvrit alors sur sa réponse. Il se figea, terrassé d&#8217;émotion devant la silhouette du démon blond qui lui avait volé son âme. Il se sentit devenir blême.</p>
<p>Paul s&#8217;avança dans la pièce et son regard s&#8217;inonda de détresse quand il croisa le sien. Il y eut quelques secondes d&#8217;immobilité, comme le temps se suspend avant une chute dans le vite. Puis Paul se mit en mouvement, brusquement, et son corps s&#8217;écroula bientôt sur celui d&#8217;Etienne qui ne savait plus où il en était. Les bras du jeune homme le serrèrent contre lui de toutes leurs forces et il lui rendit son étreinte doucement, avec hésitation. Les épaules de Paul furent soudain agitées de violentes secousses, et Etienne mit quelques secondes avant de comprendre. Il pleurait.</p>
<p>-Paul&#8230;, souffla-t-il comme une supplique.</p>
<p>Les sanglots du jeune homme se firent plus bruyants, déchirant des lambeaux du cœur d&#8217;Etienne à chaque plainte qui lui parvenait. Déboussolé, ne sachant comment l&#8217;apaiser, le plus vieux finit par caresser les cheveux blonds, glissant dedans une main légèrement tremblante. Il ferma les yeux et poussa un soupir, tant leur douceur lui avait manqué. Il le réalisait seulement maintenant.</p>
<p>Contre lui, Paul ne parvenait pas à calmer ses larmes.</p>
<p>-Pardon, pardon, hoqueta-t-il alors qu&#8217;Etienne sentait ses larmes couler dans son cou. Je suis désolé, je&#8230;</p>
<p>-Non, c&#8217;est ma faute. Je méritais au moins ça.</p>
<p>Il s&#8217;étonna de ses propres paroles. D&#8217;où lui venait cette soudaine maturité ? Le jeune homme, sans doute aussi surpris que lui, cessa de pleurer et se redressa pour le regarder dans les yeux. Etienne eut l&#8217;impression qu&#8217;un poids soudain s&#8217;abattait sur sa poitrine et il eut du mal à reprendre son souffle. Comment avait-il pu se passer de ces yeux ?</p>
<p>Ils restèrent longtemps ainsi, plongés dans le regard l&#8217;un de l&#8217;autre, jusqu&#8217;à ce que la voix d&#8217;Oscar retentît dans la pièce, les faisant sursauter :</p>
<p>-Hé, les deux handicapés, vous vous embrassez ou vous attendez le dégel ?</p>
<p>Paul, qui s&#8217;était retourné brusquement vers Oscar, surpris par sa brutale intervention, eut un léger rire au milieu de ses larmes qui finissaient de couler puis reporta son attention sur Etienne. Ce dernier essuya délicatement ses joues, et ses mains glissèrent d&#8217;elles-même dans les cheveux blonds.</p>
<p>Enfin, ils osèrent se rapprocher et leurs lèvres se joignirent dans un baiser timide. Lorsqu&#8217;ils se séparèrent, leurs regards se croisèrent à nouveau. Etienne sentait son cœur battre la chamade. Il aurait voulu, là, tout lui dire, lui promettre ce qu&#8217;il méritait et s&#8217;excuser de toutes les fois où il l&#8217;avait fait pleurer&#8230; Mais rien ne sortait. Tout ce qu&#8217;il parvint à dire, après de longues secondes de silence, fut cet aveu prononcé du bout des lèvres :</p>
<p>-Je t&#8217;aime.</p>
<p>Les yeux de Paul s&#8217;embuèrent à nouveau et, souriant, le jeune homme se pencha pour lui souffler sa réponse à l&#8217;oreille, le faisant frémir.</p>
<p>On dit parfois que, par amour, on déplacerait des montagnes. Etienne, dans son lit d&#8217;hôpital, venait de comprendre pourquoi. Pour un « je t&#8217;aime », qui ne vendrait pas son âme au diable ? Tous les damnés ne sont peut-être pas malheureux&#8230;</p>
<p>Son amant lui avait pris la main et, tout en le regardant dans les yeux, caressait son crâne rasé. Etienne grimaça.</p>
<p>-C&#8217;est affreux, hein ?</p>
<p>Paul sourit à nouveau et fit non de la tête.</p>
<p>-Si tu savais comme je m&#8217;en fous&#8230;</p>
<p>Etienne ne put s&#8217;empêcher de sourire à son tour. Ému, il se redressa pour chercher les lèvres du jeune homme qui lui offrit sans rechigner un long baiser langoureux. Ce fut la montre de Paul, bipant pour annoncer le passage à l&#8217;heure suivante, qui les interrompit. À regret, le jeune homme se redressa pour regarder le cadran et soupira.</p>
<p>-Je&#8230; je dois y aller, je suis venu entre deux heures de cours&#8230;</p>
<p>Etienne hocha la tête et sourit pour le rassurer. Comment aurait-il pu lui en vouloir, de toute façon ? Paul, l&#8217;air triste, se pencha pour lui donner un dernier baiser qu&#8217;il fit durer plus que prévu. Il se leva ensuite lentement, cachant avec peine qu&#8217;il aurait voulu rester plus longtemps. Alors qu&#8217;il s&#8217;éloignait Etienne, sa main toujours dans la sienne, l&#8217;appela :</p>
<p>-Paul ?</p>
<p>L&#8217;intéressé pencha la tête sur le côté, l&#8217;invitant à continuer.</p>
<p>-Je&#8230; je t&#8217;appelle ce soir, d&#8217;accord ?</p>
<p>Le jeune homme lui offrit un sourire magnifique et acquiesça silencieusement. Leurs mains se séparèrent difficilement. Paul se dirigea vers la porte en restant retourné vers lui. Etienne eut envie de hurler quand il l&#8217;ouvrit puis disparut dans le couloir avec un dernier regard pour lui. Cette porte qui se refermait lui arrachait un morceau de son cœur.</p>
<p>Quand il fut seul, à nouveau, il ferma les yeux et soupira. Qu&#8217;allait-il se passer, maintenant ? Il ne ne savait pas plus que quelques jours auparavant, mais ce dont il était sûr c&#8217;est qu&#8217;il ne laisserait plus jamais Paul loin de lui. Cela ne serait sans doute pas de toute repose, mais il ne voulait plus courir le risque de le perdre.</p>
<p>Il n&#8217;avaient sans doute pas la maturité de ces couples en parfaite osmose qui se disent tout, même leurs sentiments les plus profonds. Ils n&#8217;étaient encore qu&#8217;un jeune couple balbutiant, bien loin de cette harmonie.</p>
<p>Mais&#8230; ça viendrait.</p>
<p style="text-align:center;"><strong>FIN.</strong></p>
<p style="text-align:left;"><strong>_________________________</strong></p>
<p style="text-align:left;">Haaa ça y est. Enfer, damnation, ô la chair de ma chair je t&#8217;abandonne xD Hum stop délire mais c&#8217;est bizarre de finir une histoire, surtout celle là que j&#8217;ai pris beaucoup de plaisir à écrire et qui dure depuis un moment déjà&#8230; Bon, moi je l&#8217;ai terminée en Avril et vous vous lisez ça en Novembre x) Mais c&#8217;est la dure loi des publications, si je vous mettais tout en même temps vous exploseriez ! (ça ferait des jolis confettis, you !)</p>
<p style="text-align:left;">Enfin, de toute façon je leur ai déjà trouvé des remplaçants (que voulez-vous, c&#8217;est cruel mais je meurs sinon !) qui viendront&#8230; quand ils viendront (désolée mais là je planifie mes articles super longtemps à l&#8217;avance, la preuve j&#8217;en ai déjà pour jusqu&#8217;à Décembre alors que là on est en Mai&#8230;)<strong></strong></p>
<p style="text-align:left;">Sur ce, j&#8217;espère que vous ne m&#8217;en voulez pas trop de ce demi happy end =D Mais enfin heureusement que j&#8217;ai fait le chapitre 26 quand même (imaginez si j&#8217;avais coupé au 25&#8230; niark) et puis voilà ils sont réconciliés quoi&#8230;</p>
<p style="text-align:left;">Allez, à plus !<strong><br />
</strong></p>
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		<title>Ni blanc, ni noir, juste gris-08</title>
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		<pubDate>Sun, 06 Nov 2011 09:00:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator>merlin4ever</dc:creator>
				<category><![CDATA[Ni blanc, ni noir, juste gris]]></category>
		<category><![CDATA[absence]]></category>
		<category><![CDATA[alistair]]></category>
		<category><![CDATA[jean]]></category>
		<category><![CDATA[obsession]]></category>

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		<description><![CDATA[I Jean Chapitre 8 Il aurait du s&#8217;en douter. Le lendemain de cet événement pour le moins inattendu, il avait trouvé son bureau vide, sans aucune trace d&#8217;Alistair. Et il avait comme l&#8217;impression que ce dernier ne se montrerait pas de la journée. Il s&#8217;était trouvé un peu idiot, dépité devait cette grande pièce silencieuse. [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=merlin4ever.wordpress.com&amp;blog=6697439&amp;post=1275&amp;subd=merlin4ever&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h1 style="text-align:center;"><strong>I</strong></h1>
<h1 style="text-align:center;"><strong>Jean</strong></h1>
<p style="text-align:center;"><strong>Chapitre 8</strong></p>
<p><a href="http://merlin4ever.files.wordpress.com/2011/04/chap-8.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1276" title="chap 8" src="http://merlin4ever.files.wordpress.com/2011/04/chap-8.jpg?w=500&#038;h=375" alt="" width="500" height="375" /></a></p>
<p>Il aurait du s&#8217;en douter. Le lendemain de cet événement pour le moins inattendu, il avait trouvé son bureau vide, sans aucune trace d&#8217;Alistair. Et il avait comme l&#8217;impression que ce dernier ne se montrerait pas de la journée. Il s&#8217;était trouvé un peu idiot, dépité devait cette grande pièce silencieuse. Il s&#8217;était habitué à la présence du jeune homme et se rendait désormais compte que son absence avait quelque chose de pesant.</p>
<p>Soupirant, il s&#8217;était avancé jusqu&#8217;à son bureau et s&#8217;était installé pour commencer à travailler. Bizarrement, il prit conscience que le silence lui rendait tout insupportable. Le bruit de ses doigts sur les touches, la soufflerie de son ordinateur&#8230; Même le son de sa propre respiration lui mettait les nerfs à vif.</p>
<p>En milieu de matinée, alors qu&#8217;il s&#8217;en prenait à lui-même pour avoir si peu avancé depuis son arrivée, son patron vint le voir. L&#8217;objet de sa visite : l&#8217;absence d&#8217;Alistair. Jean dut se retenir de l&#8217;envoyer balader, mais il parvint à se contenir et lui répondit, un peu sèchement, qu&#8217;il ne savait absolument pas pourquoi Alistair n&#8217;était pas venu.</p>
<p>Ce qui était faux,bien évidemment. Il savait parfaitement que tout cela avait un lien avec leur altercation de la veille. Et plus particulièrement avec le dénouement de cette altercation. Mais il préférait éviter d&#8217;y repenser sur son lieu de travail. Le souvenir de toutes les sensations risquait de lui procurer une réaction physique des plus gênantes, surtout alors qu&#8217;il n&#8217;était pas chez lui.</p>
<p>Le problème, c&#8217;est que la venue de son patron l&#8217;avait perturbé alors qu&#8217;il avait déjà du mal à se concentrer. Depuis, des images d&#8217;Alistair ne cessaient de lui revenir à l&#8217;esprit, l&#8217;empêchant de penser correctement à son travail pendant plus de cinq minutes. Agacé, il soupirait, son énervement ne faisait que grandir et en fin de matinée, lorsqu&#8217;il voulut faire le bilan des tâches qu&#8217;il avait accomplies au cours de celle-ci, il se rendit compte qu&#8217;il n&#8217;avait pratiquement rien fait de satisfaisant. Les yeux rivés sur son écran d&#8217;ordinateur, il resta immobile un long moment. Il était midi, et il était incapable de dire ce qu&#8217;il avait fait depuis son arrivée. Puisqu&#8217;il n&#8217;avait presque rien fait, à vrai dire.</p>
<p>C&#8217;était la première fois que ça lui arrivait. Cette constatation fit disparaître toute sa colère, et il se sentit soudainement vide. Il ne pouvait pas bouger. Il lui fallut de longues secondes avant de se rendre compte que c&#8217;était du désarroi qui l&#8217;envahissait. Il se trouvait complètement démuni face à cette situation inhabituelle et même nouvelle. Il ne comprenait pas pourquoi l&#8217;absence d&#8217;Alistair le déboussolait à ce point.</p>
<p>C&#8217;était sûrement cela le plus déroutant. Ce n&#8217;était pas le retour de cette émotion parmi tant d&#8217;autres qu&#8217;il avait oubliées. C&#8217;était de ne pas savoir pourquoi il la ressentait.</p>
<p>Au début, il ne s&#8217;était pas posé la question de savoir pourquoi Alistair l&#8217;agaçait. Tant qu&#8217;il y parvenait, c&#8217;était l&#8217;essentiel. Mais tout cela commençait désormais à l&#8217;inquiéter. Qu&#8217;il fasse renaitre en lui des sentiments depuis trop longtemps oubliés, c&#8217;était bien, mais que tout cela l&#8217;empêche de travailler, c&#8217;était trop. Ce qui l&#8217;effrayait le plus, c&#8217;est qu&#8217;il ne contrôlait désormais plus rien. C&#8217;était comme si on avait ouvert une vanne à l&#8217;intérieur de lui, laissant toutes les émotions s&#8217;échapper peu à peu de là où elles étaient enfouies.</p>
<p>Il avait perdu la maîtrise de lui-même.</p>
<p>La peur l&#8217;envahit complètement alors qu&#8217;il formulait cette idée. Tétanisé, il ne put plus bouger pendant un long moment. Submergé par toutes ces émotions qu&#8217;il n&#8217;arrêtait plus, il parvint à se lever. Ses jambes tremblaient légèrement. Il inspira longuement, ne voulant pas que ses collègues puissent le voir dans un tel état. Lui-même ne savait pas s&#8217;il aurait supporté son reflet dans un miroir, en cet instant. Faisant des pas lents pour ne pas chanceler, il se dirigea vers la porte de son bureau puis sortit. Dans le couloir, il avait l&#8217;impression que tout était plus bruyant que d&#8217;habitude. Les discussions des gens allant et venant autour de lui, le claquement de ses pas&#8230; Il avait même la sensation d&#8217;entendre battre son propre cœur. Comme le moteur hurlant de l&#8217;infâme robot qu&#8217;il était.</p>
<p>Cependant, ses rouages tournaient de moins en moins bien. Ils ne grinçaient pas, non. Ils allaient dans un sens inhabituel, poussés par une énergie extérieure, et instaurant un terrible remue-ménage dans la mécanique.</p>
<p>Jean, comme un automate brutalement déréglé, se rendit à la cantine. Il remplit son plateau de gestes peu sûrs, puis alla s&#8217;installer à une table, seul. Le regard vide, il engloutit son repas pour se soustraire le plus vite au regard de ses collègues qui l&#8217;observaient, intrigués sans doute de le voir si blême. Jean lui-même ne se reconnaissait plus. Il était comme défait, incapable de faire face à la marée qui l&#8217;engloutissais de plus en plus violemment. Il n&#8217;avait pas voulu que les choses se passent ainsi.</p>
<p>Certes, il avait poussé Alistair à bout, profitant de son étrange pouvoir sur lui pour regagner peu à peu des capacités émotives. Mais il aurait voulu que cela se fasse progressivement, qu&#8217;il puisse s&#8217;y habituer. Pourtant, depuis l&#8217;incident de la veille, tout allait beaucoup trop vite.</p>
<p>Un pas énorme avait été franchi. Il en prenait maintenant conscience.</p>
<p>Une fois retourné dans son bureau, il s&#8217;affala sur sa chaise et respira profondément, le regard vide. Il fallait qu&#8217;il se reprenne. Qu&#8217;il oublie tout ça, au moins jusqu&#8217;au soir, le temps pour lui de travailler correctement. Il ne pouvait pas se permettre d&#8217;être perturbé à ce point par une simple absence.</p>
<p>Remotivé à cette idée, il se redressa et s&#8217;attela à la tâche, bien décidé à faire quelque chose de potable de sa journée.</p>
<p>Harrassé, il se laissa aller contre le dossier de sa chaise et déboutonna le haut de sa chemise. Il n&#8217;en pouvait plus. Il avait travaillé comme un forcené tout l&#8217;après-midi, jusqu&#8217;à oublier de cligner des yeux tant il était concentré, ou d&#8217;aller boire alors qu&#8217;il mourait de chaud.</p>
<p>Finalement, il était plutôt content de ce qu&#8217;il avait fait. Son patron n&#8217;allait même pas se rendre compte qu&#8217;il n&#8217;avait rien fait de la matinée.</p>
<p>Enfin, il avait terminé et pouvait désormais laisser un peu plus de liberté à ses pensées, et rentrer chez lui pour se remettre de cette journée qui n&#8217;aurait décidément pas été de tout repos.</p>
<p>Le trajet en voiture lui parut plus long que d&#8217;habitude et c&#8217;est dans un profond soupir qu&#8217;il coupa le moteur alors qu&#8217;il s&#8217;arrêtait dans le garage. Il descendit et d&#8217;un pas lourd, se traina jusqu&#8217;au salon. En passant devant l&#8217;entrée, il se souvint que, la veille, Florence était partie. Il faut croire que cela ne l&#8217;avait pas perturbé outre mesure puisqu&#8217;il n&#8217;y avait pas pensé de la journée. Il avait autre chose en tête, et la situation d&#8217;Alistair lui paraissait bien plus préoccupante que la disparition de sa petite-amie. Qui d&#8217;ailleurs n&#8217;avait pas emporté toutes ses affaires, ce qui signifiait qu&#8217;elle avait l&#8217;intention de revenir. Il s&#8217;en moquait bien, de toute façon, puisqu&#8217;il savait qu&#8217;elle ne lui manquerait que pour le côté pratique.</p>
<p>Ce soir-là donc, il constata que la pièce ne comportait pas de traces de Florence, ni d&#8217;un quelconque passage qu&#8217;elle aurait pu faire dans la journée, car les restes du petit-déjeuner de Jean étaient toujours sur la table de la cuisine. Or, même si Florence avait eu l&#8217;intention de le quitter définitivement, elle n&#8217;aurait pas supporté de laisser la maison en désordre en partant.</p>
<p>Jean haussa les épaules. Peu lui importait qu&#8217;elle ne soit pas revenue, et à vrai dire cela l&#8217;arrangeait même car il sentait bien que ce soir-là, il aurait besoin de calme pour mettre de l&#8217;ordre dans ses idées.</p>
<p>Il débarrassa donc la table lui-même, la nettoya, puis monta prendre une douche pour se vider la tête. Il se fit au passage la réflexion que se laver deux fois par jour ne l&#8217;aiderait pas à faire des économies d&#8217;eau. Mais une fois n&#8217;est pas coutume, et puis si Florence ne revenait pas, cela ferait des bains et douches en moins.</p>
<p>Quand il fut propre et changé, il descendit au salon et se versa un verre de vin qu&#8217;il engloutit d&#8217;un trait. Ce n&#8217;était peut-être pas la meilleure façon de faire le tri dans sa tête, c&#8217;est vrai, mais il buvait rarement et avait le sentiment que, en ces circonstances exceptionnelles, il pouvait bien se lâcher un peu. Il finit par se décider à emmener la bouteille avec lui, et alla s&#8217;installer devant la télévision, comme il le faisait souvent après ses journées de travail.</p>
<p>Il resta quelques secondes à fixer l&#8217;écran noir avant de bouger pour l&#8217;allumer. Il fit défiler les chaines sans parvenir à se décider, et finalement s&#8217;arrêta sur une chaine musicale qu&#8217;il ne regardait d&#8217;ordinaire jamais. Fermant les yeux, il essaya de se laisser pénétrer par les mélodies et de ressentir les émotions que les interprètes décrivaient.</p>
<p>Mais avec le temps, il avait aussi perdu le goût de la musique, et alors que la journée avait pour li été un tourbillon de sentiments, il se sentait en cet instant profondément vide. Comme s&#8217;il avait dépensé tout son quota d&#8217;émotions de la journée et qu&#8217;il était maintenant condamné à attendre le lendemain matin, que ses batteries soient rechargées. On en revenait à la métaphore du robot.</p>
<p>C&#8217;était désespérant.</p>
<p>Agacé, il éteignit la télé, puisque de toute façon il n&#8217;écoutait pas les chansons diffusées. Il ferma les yeux et poussa un profond soupir. Pourquoi avait-il fallu que les choses se passent ainsi ? Avec tout cela, il n&#8217;était même pas sûr qu&#8217;Alistair voudrait le revoir un jour. Il espérait qu&#8217;il aimait son boulot au point de revenir travailler avec lui malgré ce qu&#8217;il s&#8217;était passé. Si Alistair revenait, le plus probable était qu&#8217;il l&#8217;ignorerait et ferait comme si rien ne s&#8217;était passé.</p>
<p>Jean ne savait pas encore comment il agirait alors. Il n&#8217;avait même pas réfléchi à ce qu&#8217;il ferait par rapport au baiser qu&#8217;ils avaient échangé, et ce qui avait suivi. Quelle attitude allait-il adopter ? Il lui semblait qu&#8217;à chaque fois qu&#8217;il verrait le jeune homme, il ne pourrait s&#8217;empêcher d&#8217;y repenser et serait mal à l&#8217;aise. Il en irait sans doute de même pour Alistair. Mais ils ne pourraient pas effacer tout cela et revenir à zéro, comme s&#8217;ils venaient juste de se rencontrer. C&#8217;était tout bonnement impossible, étant donné qu&#8217;ils avaient passé un cap d&#8217;intimité supérieur à de simples collègues de travail. Cependant, ils ne pouvaient pas non plus se comporter en amis ou en amants, puisqu&#8217;ils n&#8217;avaient pas ce genre de sentiments, et qu&#8217;en plus ils ne pouvaient pas se supporter plus d&#8217;une journée sans se crier dessus. En clair, si Alistair revenait, la situation risquerait d&#8217;être tendue. Il espérait néanmoins que cet événement ne changerait rien à l&#8217;étrange pouvoir d&#8217;Alistair sur lui.</p>
<p>Alors que ses méninges tournaient à plein régime pour essayer d&#8217;imaginer la suite de cette histoire, son ventre émit un gargouillement sonore. Il se décida à bouger du canapé et posa son verre de vin -qu&#8217;il remplissait et vidait au fur et à mesure qu&#8217;il réfléchissait- sur la table basse pour se rendre dans la cuisine. Il ouvrit le frigo et fit la moue, remarquant qu&#8217;il était à moitié vide depuis la dernière fois que Florence avait fait les courses. Si elle ne revenait pas, il faudrait désormais qu&#8217;il le fasse lui-même. Cette perspective ne l&#8217;enchantait pas beaucoup.</p>
<p>Finalement, ayant trop faim pour prendre le temps de préparer quelque chose de sophistiqué, il se saisit d&#8217;une boite d&#8217;oeufs et fit cuire une omelette. Il la dévora en très peu de temps puis monta dans sa chambre.</p>
<p>Il y faisait sombre, et il remarqua qu&#8217;il avait encore oublié d&#8217;ouvrir les volets, trop perturbé par l&#8217;histoire avec Alistair. Il haussa les épaules. C&#8217;était trop tard, maintenant qu&#8217;il faisait nuit. Il alluma sa lampe de chevet pour remédier à ce problème, et se mit à tourner en rond, ne sachant pas quoi faire.</p>
<p>Il n&#8217;avait rien à lire, et pas envie de regarder la télé. Il n&#8217;avait même pas ramené de quoi travailler pour s&#8217;occuper. Finalement, il commença à se déshabiller puis se coucha en sous-vêtements. Il croisa les mains sous sa tête et se mit à observer le plafond. Il tenta de faire le vide mais des pensées liées à Alistair revinrent s&#8217;insinuer dans son esprit. Il pourra un grognement, se sentant impuissant face à ce qui allai bientôt devenir une obsession.</p>
<p>Fatigué, il finit par éteindre la lumière et fermer les yeux pour essayer de trouver le sommeil. C&#8217;est le cerveau rempli d&#8217;images d&#8217;un certain jeune homme qu&#8217;il s&#8217;endormit enfin, une heure plus tard.</p>
<br />Classé dans:<a href='http://merlin4ever.wordpress.com/category/histoires-en-cours/ni-blanc-ni-noir-juste-gris-histoires-en-cours/'>Ni blanc, ni noir, juste gris</a>  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/merlin4ever.wordpress.com/1275/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/merlin4ever.wordpress.com/1275/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/merlin4ever.wordpress.com/1275/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/merlin4ever.wordpress.com/1275/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/merlin4ever.wordpress.com/1275/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/merlin4ever.wordpress.com/1275/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/merlin4ever.wordpress.com/1275/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/merlin4ever.wordpress.com/1275/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/merlin4ever.wordpress.com/1275/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/merlin4ever.wordpress.com/1275/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/merlin4ever.wordpress.com/1275/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/merlin4ever.wordpress.com/1275/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/merlin4ever.wordpress.com/1275/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/merlin4ever.wordpress.com/1275/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=merlin4ever.wordpress.com&amp;blog=6697439&amp;post=1275&amp;subd=merlin4ever&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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		<title>Chocolat, chantilly et autres sucreries-21</title>
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		<pubDate>Sun, 23 Oct 2011 08:00:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>merlin4ever</dc:creator>
				<category><![CDATA[Chocolat, chantilly et autres sucreries]]></category>
		<category><![CDATA[Alix]]></category>
		<category><![CDATA[Damien]]></category>
		<category><![CDATA[emménagement]]></category>

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		<description><![CDATA[-Damien, viens m&#8217;aider, c&#8217;est lourd ! L&#8217;intéressé se précipita pour aider son père à porter le matelas jusqu&#8217;au bas de l&#8217;escalier. Ils se démenèrent pour l&#8217;amener à l&#8217;étage, son père grondant parce qu&#8217;il le tenait trop haut, trop bas, qu&#8217;il lui laissait trop de poids&#8230; Tout cela ajouté aux reproches que sa mère faisait à son [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=merlin4ever.wordpress.com&amp;blog=6697439&amp;post=1269&amp;subd=merlin4ever&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="aligncenter size-full wp-image-1270" title="ch21" src="http://merlin4ever.files.wordpress.com/2011/04/ch21.jpg?w=500" alt=""   /></p>
<p>-Damien, viens m&#8217;aider, c&#8217;est lourd !</p>
<p>L&#8217;intéressé se précipita pour aider son père à porter le matelas jusqu&#8217;au bas de l&#8217;escalier. Ils se démenèrent pour l&#8217;amener à l&#8217;étage, son père grondant parce qu&#8217;il le tenait trop haut, trop bas, qu&#8217;il lui laissait trop de poids&#8230; Tout cela ajouté aux reproches que sa mère faisait à son mari, lui disant qu&#8217;il pouvait déjà remercier Damien de l&#8217;aider autant. Et Alix aussi.</p>
<p>Il faut dire que c&#8217;était un peu pour lui, tout ce remue-ménage.</p>
<p>Après que sa mère l&#8217;eut surpris avec Damien, et que celui-ci ait été jeté dehors avec sa mère, tout avait été un peu flou pour les deux jeunes hommes. Damien avait regardé sa mère téléphoner à son père, lui expliquer vaguement la situation et lui demander de venir pour l&#8217;aider à régler tout ça. Soudain, il avait réalisé qu&#8217;Alix était dans une situation bien plus périlleuse que lui, à présent, et il se mit à regretter de l&#8217;avoir poussé à faire cela chez lui. Il ignorait jusqu&#8217;où ses parents iraient pour le punir, vue la violence avec laquelle ils l&#8217;avaient lui-même mis hors de chez eux.</p>
<p>Son père était arrivé une demi-heure plus tard, durée pendant laquelle Damien avait eu la présence d&#8217;esprit d&#8217;essayer de joindre Alix sur son portable pour savoir ce qu&#8217;il se passait pour lui. Son petit-ami lui avait répondu, au bord des larmes, qu&#8217;il était fermé dans une pièce au sous-sol et qu&#8217;il ne savait pas quoi faire. Sur les conseils de sa mère, Damien lui avait conseillé de se calmer, qu&#8217;il allait l&#8217;aider.</p>
<p>Son père avait frappé fermement à la porte des Durin. Quand la porte s&#8217;était ouverte, il était entré en force, laissant Damien et sa mère derrière lui. Ces derniers avaient pu entendre les cris des deux parents d&#8217;Alix, et les pleurs d&#8217;une petite fille qui ne comprenait certainement rien à tout ce qu&#8217;il se passait.</p>
<p>Un quart d&#8217;heure plus tard, son père était ressorti en tenant Alix par le bras. Le jeune homme avait les yeux rougis. Damien s&#8217;était retenu de le prendre dans ses bras ; les deux bourreaux n&#8217;ayant toujours pas refermé la porte. Ils les regardèrent s&#8217;éloigner jusqu&#8217;à la voiture, impassibles aux larmes de Salomé qui criait le prénom de son frère, qu&#8217;elle voyait disparaître sans savoir pourquoi.</p>
<p>Le père de Damien ne dit rien jusqu&#8217;à ce qu&#8217;ils soient tous les quatre installés dans le véhicule, prêts à partir. Un silence pesant s&#8217;installa, les deux jeunes gens ne trouvant rien à dire, tellement perturbés qu&#8217;ils en perdaient la parole. Soudain, le père de Damien se retourna, l&#8217;air sévère, et gronda :</p>
<p>-Je ne tolèrerai pas qu&#8217;on traite mon fils de la sorte, ni la personne qu&#8217;il aime.</p>
<p>Bizarrement, tout s&#8217;était plutôt bien passé, quand ses parents avaient appris que Damien sortait avec Alix. Ils n&#8217;avaient fait aucune remarque désobligeante, acceptant implicitement que leur fils ait des penchants homosexuels. Damien avait été frappé par cette réaction, si calme en comparaison avec celle des parents d&#8217;Alix. Il se serait attendu à ce qu&#8217;ils soient choqués, ou au moins gêné, surtout en l&#8217;apprenant de manière aussi soudaine et peu délicate. Mais il lui semblait qu&#8217;il n&#8217;en était rien.</p>
<p>Il supposait donc que ses parents tentaient de ne rien montrer de leurs sentiments en face de lui pour le préserver. De toute façon, il avait bien d&#8217;autres sujets d&#8217;inquiétude.</p>
<p>Jeté hors de chez lui par ses parents, Alix se retrouvait sans toit. Ils l&#8217;avaient donc ramené chez eux, provisoirement au début, dans l&#8217;espoir de trouver des amis de la famille Durin qui voudraient bien héberger le jeune homme. Seulement, ils s&#8217;étaient vite rendu compte qu&#8217;Alix ne connaissait presque personne dans sa ville qui aurait pu l&#8217;accueillir. Le jeune homme n&#8217;avait pas d&#8217;ami chez qui il aurait pu s&#8217;inviter.</p>
<p>Ils s&#8217;étaient donc rendus à l&#8217;évidence : c&#8217;était chez eux qu&#8217;il allait devoir vivre. Les épreuves du bac étant terminées, Alix n&#8217;avait plus à se rendre au lycée, c&#8217;était donc logiquement possible. Le problème c&#8217;est que cela nécessitait de retourner chez les Durin pour récupérer les affaires du jeune homme. Le père de Damien avait tenu à y aller seul, et il ne savait par quel miracle il avait réussi à revenir avec la bibliothèque remplie, le lit et le bureau.</p>
<p>C&#8217;est donc ce qu&#8217;ils étaient en train d&#8217;installer. Ils avaient entassé le bureau et la bibliothèque dans la mezzanine, après avoir sorti les livres de celle-ci, et ils étaient désormais en train de monter le matelas, après le sommier, pour le placer dans la chambre de Damien. Les deux jeunes gens avaient travaillé toute la matinée pour trouver comment agencer les meubles dans la petite pièce, afin de pouvoir y loger deux lits.</p>
<p>Ils furent donc soulagés lorsque le sommier et le matelas du lit d&#8217;Alix furent enfin installés, non loin de celui de Damien. Celui-ci aurait d&#8217;ailleurs cru que ses parents ne le laisseraient jamais dormir dans la même chambre que son petit-ami, même s&#8217;ils acceptaient qu&#8217;il l&#8217;aime, et pourtant c&#8217;était eux-même qui l&#8217;avaient proposé. Ses parents le surprendraient toujours&#8230; Il allait finir par croire qu&#8217;ils étaient parfaits !</p>
<p>Car non seulement ils avaient accepté d&#8217;accueillir Alix chez eux, de lui faire une place, mais son père avait décidé de porter plainte contre les parents du jeune homme pour leur faire retirer leur autorité parentale sur ce dernier. Il avait affirmé que, s&#8217;il fallait, il ferait les démarches pour devenir le tuteur d&#8217;Alix. Il avait bien entendu demandé à celui-ci s&#8217;il lui faisait confiance pour s&#8217;occuper de lui jusqu&#8217;à sa majorité. Damien avait vu son petit-ami retenir ses larmes lorsqu&#8217;on lui avait parlé de ses parents. Malgré tout ce qu&#8217;il voulait montrer, leur rejet l&#8217;avait frappé. Cependant, il avait accepté la proposition du père de Damien.</p>
<p>Ce dernier ne savait plus trop où il en était. Il avait l&#8217;impression que, depuis l&#8217;incident, tout allait trop vite. Alix qui emménageait chez lui, et qui visiblement était parti pour y rester un moment, ses parents qui apprenaient subitement qu&#8217;il sortait avec lui&#8230; Cela faisait beaucoup de changement en même temps, même si dans un sens tout avait l&#8217;air de plutôt bien se passer.</p>
<p>Pour lui, en tout cas. Car il fallait bien voir qu&#8217;Alix ne se sentait pas bien. Cet après-midi-là, après qu&#8217;ils eurent fini d&#8217;installer tout ce qu&#8217;il fallait dans sa chambre, les deux jeunes hommes y étaient montés après le repas et s&#8217;étaient assis sur le lit de Damien, côte à côte.</p>
<p>Le plus âgé fixait calmement son petit-ami qui regardait dans le vague, l&#8217;air triste. Cela faisait deux jours qu&#8217;Alix avait quitté sa maison, et Damien savait que si ses parents l&#8217;avaient blessé, sa petite sœur lui manquait bien plus cruellement. Le problème, c&#8217;est qu&#8217;il ne savait ni comment le réconforter, ni par quel moyen ils pourraient régler ce problème.</p>
<p>Au bout d&#8217;un moment, peiné de le voir si triste, il lui prit la main, ne sachant pas quoi faire d&#8217;autre. Alix tourna la tête vers lui et eut un faible sourire. Damien vit quelques larmes affluer à la surface de ses yeux.</p>
<p>-Elle te manque, hein ?, finit-il par demander.</p>
<p>Le jeune homme hocha la tête puis se laissa tomber vers lui. Il s&#8217;allongea, la tête posée sur ses cuisses. Damien lui caressa les cheveux de sa main libre.</p>
<p>-Je suis désolé&#8230; Je ne sais pas quoi faire pour t&#8217;aider&#8230;</p>
<p>Alix eut un petit rire alors que les larmes coulaient sur ses joues.</p>
<p>-Tu n&#8217;imagines même pas dans quel état je serais si tu n&#8217;étais pas là&#8230;</p>
<p>La pression sur sa main se raffermit. Il se pencha doucement et vint poser ses lèvres sur celles de son petit-ami. Leur baiser eut un goût de sel. Quand il se redressa, il s&#8217;étira pour attraper un mouchoir et essuya les larmes d&#8217;Alix. Il n&#8217;arrivait pas à mesurer quelle était l&#8217;étendue du sentiment de culpabilité qui grandissait en lui au fur et à mesure qu&#8217;il le voyait si malheureux. Tout ça à cause de lui, d&#8217;un moment d&#8217;imprudence&#8230;</p>
<p>-Damien.</p>
<p>Son regard croisa à nouveau celui de son petit-ami. Il s&#8217;était égaré avec les yeux dans le vague, le temps de réfléchir quelques secondes. Il n&#8217;aurait pas cru qu&#8217;Alix le remarquerait.</p>
<p>-Arrête, s&#8217;il te plait.</p>
<p>Ses yeux s&#8217;écarquillèrent.</p>
<p>-De quoi ?</p>
<p>Alix ferma les yeux un instant, l&#8217;air tourmenté, puis souffla :</p>
<p>-De te faire du mal alors que c&#8217;est moi qui devrais être le plus malheureux. J&#8217;ai pas besoin que tu croies que c&#8217;est de ta faute. Ça changerait rien, en plus. J&#8217;en veux qu&#8217;à mes parents de m&#8217;avoir laissé tomber comme si j&#8217;avais jamais été leur fils. J&#8217;aurais du m&#8217;en douter, depuis le temps que je passe après Salomé&#8230;</p>
<p>Damien sentit une profonde tristesse l&#8217;atteindre à son tour. Il fit de son mieux pour la ravaler, mais bientôt c&#8217;est lui qui se mit à pleurer alors qu&#8217;il tentait à l&#8217;origine de le consoler. Alix s&#8217;en offusqua gentiment :</p>
<p>-Hé, c&#8217;est moi qui suis triste, pas toi !</p>
<p>Le plus âgé eut un sourire et s&#8217;empressa de sécher ses larmes. Il embrassa à nouveau le jeune homme allongé contre lui, plus fermement que la première fois. Alix gémit sous les assauts impérieux de sa langue. Quand, enfin, Damien le laissa respirer, ce fut pour souffler tout contre ses lèvres :</p>
<p>-Je t&#8217;aime, Alix. Et je te laisserai pas être malheureux.</p>
<p>_____________________</p>
<p>J&#8217;ai honte d&#8217;oser vous proposer un tel massacre, mais je pense que pour cette histoire, c&#8217;est tout ce que je peux faire&#8230; Il ne me reste que trois chapitres à écrire alors j&#8217;espère que je pourrai faire quelque chose de pas trop mal pour la fin&#8230; Le dernier chapitre est assez court et je l&#8217;ai complètement en tête, ça en fait au moins un qui devrait être potable ^^ Je suis vraiment désolée, je n&#8217;arrive plus à avoir l&#8217;envie d&#8217;écrire cette histoire&#8230; Alors que Paris, quand j&#8217;aurai fini le chapitre 26, va me manquer terriblement&#8230; Mais bon, ainsi va la vie d&#8217;auteur (si j&#8217;ose me prétendre auteur !).</p>
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